« Winter Palace », le luxe version suisse

L’Hospice du Simplon a prêté sa façade au palace fictif de la série. | © RTS/Laurent Bleuze

Série événement
Première collaboration entre la SSR et Netflix, cette superproduction est à découvrir depuis le 26 décembre sur la RTS. Si les décors sont grandioses, ils ne parviennent pas à masquer un scénario décousu et superficiel.

Sous une neige épaisse se détache un hôtel majestueux, trônant au bas d’une montagne. Si sa localisation semble invraisemblable en raison des risques d’avalanches, cette image frappe par sa portée symbolique. 

Seul au milieu d’un environnement hostile, à l’instar de son fondateur André Morel (Cyril Metzger), cet établissement luxueux fait office de pionnier dans le tourisme alpin suisse. L’essor de l’hôtellerie dans nos montagnes apparaît dès la fin du 19e siècle. Un pari relevé malgré les obstacles, l’histoire nous le démontre.

Nous sommes en 1899, et André Morel veut se projeter dans ce nouveau siècle en proposant modernité et raffinement. Le cadre est alléchant, mais l’histoire va rapidement se prendre les pieds dans le tapis. La faute à des rebondissements narratifs grossiers et des dialogues qui sonnent creux.

Décor majestueux

À cette époque, les Alpes suisses ont fait rêver des visionnaires du tourisme et de l’hôtellerie, à l’instar de César Ritz, qui a inspiré le personnage d’André Morel. En hôtelier audacieux, il décide de réhabiliter l’hôtel gigantesque de son village pour le transformer en enseigne cossue. 

Ce sera le «Winter Palace», résultat de collages de l’hôtel Righi à Glion et du Caux-Palace à Montreux. Mais également le Château Mercier à Sierre ou enfin l’Hospice du Simplon, qui a prêté sa façade au palace fictif de la série, moyennant quelques effets spéciaux qui donnent une aura étrange et surréaliste à l’hôtel.

Les mouvements des caméras nous emmènent au plus proche des personnages, se voulant immersifs dans le récit. Les costumes d’époque amènent un charme indéniable. Ces artefacts ne sauvent toutefois pas un récit qui se disperse. Car la galerie de personnages offre un fort potentiel de trames secondaires, malheureusement mal exploitées.

Pour les lecteurs n’ayant pas visionné la série, attention! Nous révélons ici des éléments clés de l’intrigue.

Une certaine vision de la Suisse

Se déroulant dans le village fictif de Champaz, l’histoire dépeint une population locale pieuse, voire crédule. Leur confiance aveugle au prêtre, lui-même manipulé par l’homme d’affaires américain sans foi ni loi Lance Raney (Clive Standen), manque de leur faire commettre l’irréparable en lui vendant leurs terres. 

Par chance, André Morel sauve la mise. Mais cela ne suffira pas à effacer son ardoise auprès de sa femme Rose (Manon Clavel), humiliée par une histoire d’adultère. Sans oublier une affaire de meurtre et des amours déchues. Un scénario un peu trop fouillis, où la multiplication des récits dilue le propos et nous fait perdre un peu le fil.

À l’instar d’une boule à neige (objet iconique de la série), «Winter Palace» est d’une magnifique facture, mais ne parvient pas à cacher sa nature factice et superficielle.

«Winter Palace», première saison actuellement disponible sur Play RTS en exclusivité.