
Retour au bercail pour le Bellerin Benjamin Kololli. Il a signé jusqu’en juin 2026 au FC Sion. | FC Sion
Enfant du Chablais, Benjamin Kololli a fait ses gammes au FC Monthey de 14 à 20 ans. Après une belle carrière dans plusieurs clubs en Super League, il a vécu une aventure inoubliable dans le championnat japonais. Son retour à Bâle l’an dernier ne s’étant pas passé comme espéré, il a signé au FC Sion jusqu’en juin 2026. Un club où il a débuté au plus haut niveau voilà une dizaine d’années.
«C’était avec Michel Decastel. J’avais joué les sept derniers matches et marqué deux buts», se remémore l’attaquant à Riddes, au centre d’entraînement de l’équipe de Christian Constantin. À 32 ans, s’agira-t-il d’une ultime étape pour Benjamin Kololli? «Je ne réfléchis pas trop à l’avenir, je donne tout et on verra ce qui va arriver», annonce l’international kosovar.
Une certitude: il a rejoint un club en plein renouveau qui a retrouvé son âme et son public, en bonne partie grâce à l’entraîneur Didier Tholot, connu pour ses exigences et sa droiture. De retour en Super League, après une douloureuse relégation, l’équipe, surprenante 8e, peut viser le top 6, synonyme de tour final pour le titre. «Ce serait magnifique. C’est beau ce qu’a fait l’équipe depuis le début de ce championnat, lâche le Bellerin. Finalement, cette relégation a fait du bien au club.»
«La seule solution
était de partir»
Arrivé en début d’année, Benjamin Kololli a découvert ses nouveaux coéquipiers et son entraîneur lors d’un récent stage de dix jours au Maroc. «Il y a une très bonne mentalité dans cette équipe. Tholot, que j’apprends à connaître, est un entraîneur proche de ses joueurs et qui sait en tirer le maximum.» Et il ajoute: «J’espère apporter ma créativité, mon sens du but et mon expérience aussi dans cet effectif assez jeune.» Son entraîneur a quant à lui récemment loué ses qualités dans Le Nouvelliste. «Benjamin est un joueur polyvalent, un vrai plus pour l’équipe.»
Son transfert a été d’autant plus facile que le milieu de terrain et Barthélémy Constantin — le directeur sportif du FC Sion – sont restés amis après son départ il y a près de 10 ans. «En plus du foot, je finissais mon apprentissage de commerce. On a organisé ensemble le fameux gala du club, on mangeait souvent les deux à midi. On a continué à se voir notamment au Montreux Jazz Festival…»
De retour au FC Sion donc, le match de dimanche à Bâle aura comme un goût de revanche pour Benjamin Kololli. Pourquoi son passage dans le club rhénan a-t-il si vite avorté? «Dès mon premier match à domicile, j’ai marqué le but de la victoire contre YB. Puis j’ai malheureusement été blessé et j’ai compris que je ne correspondais plus à la politique du club consistant à faire du business en achetant, en développant et revendant des jeunes talents, déplore-t-il. Et dans cette première partie de saison, je n’ai fait que six apparitions (ndlr: en championnat et en coupe). Comme j’ai encore de belles années devant moi, la seule solution était de partir.»
Expérience nippone avortée
En Suisse, ses trois années passées au FC Zurich de 2018 à 2021, avec 26 buts à la clé en 92 matches, ont été les plus marquantes de sa carrière. «Dans le tour final de l’Europa League, nous n’avions été éliminés que par Naples, un parcours magnifique!»
Fasciné depuis tout jeune par la culture japonaise, le Chablaisien n’a pourtant pas résisté à l’offre du Shimizu S-Pulse, le club de la ville de Shizuoka, située au pied du Mont Fuji. «Je ne pouvais pas la refuser, ne serait-ce que financièrement.» Pendant deux ans et demi, le joueur a sillonné le pays de Tokyo à Kyoto en passant par Osaka, «cette ville si différente des autres où on trouve plein de Japonais exubérants, un peu fous». Il était presque tous les jours accompagné par son traducteur Koata. «Même chez le médecin, il était avec moi et nous sommes restés en contact.»
Malgré ses efforts, Benjamin Kololli ne s’est pourtant jamais vraiment senti intégré dans une ville fermée sur elle-même. «Très froids, les hommes gardent toujours leurs distances. On met cela sur le compte de la timidité, du respect, mais j’ai fini par y voir une forme de racisme. Les femmes, elles, sont plus affables, plus chaleureuses.» Père de deux fillettes de trois ans et un mois et demi, le néo-Sédunois a donné à son aînée un prénom japonais, Aïna. «Aï veut dire amour, et na, fleur», précise-t-il.
Malgré l’éloignement, le natif Aigle qui a grandi à Bex est toujours resté attaché à ce Chablais que sa famille n’a jamais quitté. «Mes potes de la région m’ont suivi et soutenu tout au long de ma carrière. Certains sont même venus me voir au Japon. Un jour, j’achèterai quelque chose du côté de Monthey ou Collombey pour m’installer ici», promet-il avant de retourner à l’entraînement.
