
Mykea Gray et ses coéquipières de Troistorrents ont subi la bonne défense d’Elfic Fribourg. | A. Capel
Nouvelle année, même résultat, mais scénario différent. Un an après sa défaite à la Salle du Pierrier de Clarens, Troistorrents s’est à nouveau hissé jusqu’en finale de SBL Cup Women (la Coupe de la ligue). Une prouesse en soi tant l’effectif d’Émilie Duvivier s’est réduit par rapport à la saison dernière. Après une qualification sur le fil en demi-finale à Nyon au mois de décembre, Nadia Constantin et ses coéquipières se retrouvaient à nouveau opposées au Goliath du basket suisse, Elfic Fribourg.
Cinq minutes fatales
Comme à chaque édition, la fédération a sorti le grand jeu pour ce tournoi vitrine du basket national. Dans une arène moins fournie qu’en 2024, la marée jaune de supporters de «3T» n’attendait que de voir leur équipe de cœur créer la surprise. Malheureusement pour eux, les Bas-Valaisannes n’ont jamais semblé en capacité de renverser la domination fribourgeoise durant les quarante minutes de jeu.
Dès l’entre-deux, la capitaine Nadia Constantin a été contrée par la spécialiste de la défense Césaria Ambrosio, tandis que la pivot américaine Yaubryon Chambers a logiquement subi le mètre 93 de l’expérimentée Abigail Fogg dans la raquette. «C’est compliqué de trouver le panier face à une intérieure d’une telle taille, confessait l’Américaine de 23 ans après la rencontre. J’ai tout de même essayé d’aider au mieux mon équipe en phase défensive et de trouver mes coéquipières démarquées, mais ça n’a pas suffi.»
Avec l’électron libre Mykea Gray aussi contenue par les adversaires sur la ligne arrière, les Chablaisiennes n’ont pas su trouver d’alternatives offensives. Résultat: un partiel de 15-3 en cinq minutes lourd de conséquences. Par comparaison, en 2024, les Chorgues étaient parvenues à creuser un écart de neuf points avant de se faire rattraper.
Face à une muraille
Si la Saint-Légerine Alice Mauler et Troistorrents ont bravement réduit l’écart en deuxième moitié du premier quart, la profondeur de banc des Elfes s’est rapidement fait ressentir avec l’excellente entrée de Viktoria Ranisavljevic. En face, le duo Gray-Constantin n’a inscrit que 8 shoots sur 33 tentatives totales. Bien trop peu pour celles qui endossent d’habitude le rôle de meilleures marqueuses.
En plus de la maladresse, le trio de choc valaisan a rapidement atteint trois fautes personnelles, chacune avant la mi-temps. «Je pense que les deux fautes offensives qui nous sont sifflées sont dures, parce qu’il s’agit de la troisième pour ma meneuse (Mykea Gray) et la troisième aussi pour Nadia (Constantin)», relevait en fin de partie la coach Duvivier, auprès de qui les arbitres se sont excusés à la pause. «On n’a pas encore le banc pour pouvoir faire tourner l’effectif, alors c’était un peu frustrant. Mais on a donné tout ce qu’on pouvait aujourd’hui et je pense qu’il était de toute façon difficile de faire mieux face à une très, très grande équipe.»
Et de neuf pour Elfic
Incroyable d’intensité, Fribourg n’a cessé de creuser son avance en deuxième mi-temps. Grâce à une circulation de balle maîtrisée à la perfection et un jeu rapide létal, les protégées de Romain Gaspoz ont démontré toute leur qualité collective à la conquête d’un neuvième succès en SBL Cup.
Malgré ce tour de force, les fans des filles de Troistorrents n’ont jamais arrêté de les encourager. «J’aimerais les remercier d’avoir fait le déplacement, parce que je crois qu’ils étaient plus de 140 et on les a bien entendus. Je suis désolée que l’on n’ait pas produit une meilleure performance et de ne pas leur avoir ramené la victoire, mais leur présence était importante pour nous», tenait à relever Émilie Duvivier.
Sa tâche sera désormais de trouver un moyen de ménager ses cadres pour le reste de la saison, afin de maintenir Troistorrents aux avant-postes d’un championnat encore long et d’atteindre une autre finale en Coupe de Suisse. Si une intérieure est attendue en renfort au mois de février en la personne de Cécilia de Preux, l’entraîneuse française espère également pouvoir inclure un peu plus les jeunes Rouiller, Vittoz, Holzer et Ndjiki jusqu’à la fin de saison. Peut-être pas ce mercredi soir, où «3T» réaffrontera Elfic à Monthey (20h30) pour une revanche en championnat que tous espèrent plus disputée.
Fribourg Olympic et les Lions de Genève, actuels deux mieux classés en championnat, s’affrontaient en finale masculine après avoir respectivement battu Neuchâtel et Nyon lors du tour précédent. Après trois quarts-temps maîtrisés par les hommes de Thibaut Petit, la victoire a failli leur filer des mains après une remontée extraordinaire de Genève lors des dix dernières minutes. Fribourg n’a finalement pas failli et a remporté son neuvième titre sur le score de 81 à 68.
