Six oppositions au projet d’Isenau

Les pylones d’Isenau avaient été démontés en 2018. Quel avenir pour ce secteur touristique où la nature est reine?  | C. Dervey – 24 heures

Les Diablerets
Les deux plans définissant l’avenir du secteur ont enregistré plusieurs salves, dont celle du Chablaisien qui contribua à faire invalider le projet précédent par le Tribunal fédéral en 2020.

La mise à l’enquête des deux plans (PA) censés définir les futures activités dans le secteur d’Isenau (dont une télécabine) a enregistré six oppositions au terme du délai de ce mardi. «Deux oppositions émanent de Pro Natura et du WWF, mais le ton est aimable et constructif, je suis optimiste pour trouver un terrain d’entente, selon Christian Reber, syndic d’Ormont-Dessus. Deux autres sont d’ordre technique: Romande Energie, concernant une prise d’eau, et Pro Vélo, demandant des aménagements complémentaires.» Une autre ONG a formulé des réserves: Moutain Wilderness.
La dernière opposition paraît la plus sensible. Elle émane de Sébastien Anex, propriétaire d’un chalet peu après le lac Retaud. C’est lui qui, avec son frère et son papa, avait obtenu l’invalidation par le Tribunal fédéral d’un premier PA en 2020. Ce dernier ne respectait pas le périmètre de protection de l’inventaire fédéral des marais protégés et souffrait d’insuffisances au niveau des accès.

Solution à l’amiable?
La question en filigrane est de savoir s’il faudra repasser par la case «tribunal», ce que tout le monde dit vouloir éviter. Sébastien Anex a tout de même décidé de faire à nouveau opposition. Les discussions de fin janvier avec la Commune ne l’en ont pas dissuadé. «J’ai fait opposition, en espérant pouvoir la retirer une fois les problèmes solutionnés. Mais certains points me désolent. Le Canton a écrit noir sur blanc qu’il fallait régler la question des servitudes sur les accès routiers en parallèle au PA, or rien à ce stade. C’était déjà un des arguments qui avait fait tomber le PA la première fois et rien n’a bougé.»
La lecture de Christian Reber est différente. «Le Canton a admis que la question des servitudes devait faire l’objet d’une procédure séparée.» Certes, celle-ci a pris du retard, «mais les choses sont en cours».
La liste des griefs de Sébastien Anex ne s’arrête toutefois pas là. Il regrette d’autres manquements concernant la route passant sur son terrain, peu après le lac Retaud, des points du PA ouvrant à l’extension le bâti ou encore des activités débordant sur des zones de protection de la faune et des biotopes.

Ecologistes nuancés
De leur côté, Pro Natura Vaud et le WWF font dans la nuance. «Nous sommes face à quelque chose de nettement mieux que le projet précédent, mais il comporte toujours quelques lacunes en matière de protection de l’environnement, explique Alberto Mocchi, secrétaire général de Pro Natura Vaud. Notre opposition vise à protéger la faune et les marais et pointe du doigt certaines choses qui ne sont pas acceptables. Mais nous sommes plus dans une optique de discussion et de demande de modifications.» Parmi les autres points sensibles: les garanties sur un non-recours à l’enneigement artificiel, des compensations insuffisantes et des tracés de VTT en bordure de marais.
La suite? «Nous allons étudier les arguments des opposants en profondeur avec nos services, reprend Christian Reber. Nous voulons aller en conciliation et trouver une solution sur chaque point.»