Non, les Mondiaux de cyclisme 2025 n’auront pas lieu en Suisse

L’Union cycliste internationale, dont le siège est au Centre Mondial du Cyclisme à Aigle, a démenti tout déplacement des Championnats du monde sur route 2025 «vers la Suisse ou tout autre lieu.» | © C. Dervey – 24 heures

Aigle
Une rumeur partie de Belgique évoquait la possibilité d’un déplacement de l’événement, prévu au Rwanda en septembre, vers Aigle-Martigny. Il n’en est rien.

«Les Mondiaux 2025 en Suisse?» Vendredi 31 janvier dernier, DH Les Sports + (auparavant dénommée «La Dernière Heure», l’un des principaux quotidiens généralistes en Belgique francophone) a contribué à agiter le milieu du vélo avec un titre qui en a alarmé plus d’un, des journalistes aux instances de l’Union cycliste internationale (UCI).
L’allégation de nos confrères belges: en raison des «tensions existantes» dans la région de Goma, en République Démocratique du Congo (RDC), l’organisation des prochains Championnats du monde de cyclisme sur route prévus du 21 au 28 septembre prochain à Kigali, au Rwanda, voisin de la RDC, serait compromise. «Même si nous n’avons pas obtenu confirmation à l’UCI, il nous revient de très bonne source que l’instance internationale aurait, déjà, un plan B dans les tiroirs pour pallier un forfait forcé du Rwanda. Il conduirait le peloton à Martigny, au cœur des Alpes valaisannes, poursuit le média. Cela permettrait à cette ville suisse d’accueillir un événement auquel les autorités helvètes avaient renoncé en 2020 à cause des mesures très strictes appliquées pour faire face à la pandémie de Covid-19.»

Démenti de l’UCI
Pour rappel, les organisateurs d’Aigle-Martigny 2020 avaient dû renoncer à mettre sur pied l’événement, le Conseil fédéral ayant décidé quelques semaines avant le début des épreuves de ne pas lever sa restriction à des rassemblements de 1’000 personnes avant le 1er octobre.
La réaction de l’Union cycliste internationale à ses bruits de couloir pour 2025 ne s’est pas fait attendre: le 31 janvier dernier toujours, un communiqué venait en effet affirmer, «suite à la propagation de rumeurs à ce sujet», qu’«aucun déplacement des Championnats du monde Route UCI 2025 du Rwanda vers la Suisse ou tout autre lieu n’(était) prévu à ce jour».
Co-président du comité d’organisation 2020, Grégory Devaud infirme lui aussi vigoureusement cette perspective. «Il n’y a eu aucun contact en ce sens et ce n’est pas une option; reprendre une organisation d’une telle ampleur au pied levé maintenant serait impossible en termes techniques et financiers notamment.» Le syndic d’Aigle appuie par ailleurs avec force la tenue des premiers Mondiaux sur le continent africain. «Ce ne sera pas simple, mais on ne peut que le souhaiter. L’Afrique le mérite. Il est important que cet événement ait lieu là-bas, un peu plus de 30 ans après le génocide rwandais.»

Pas pour 2025, mais…
Dans son communiqué, l’UCI dit suivre «de près les développements dans la région est de la République Démocratique du Congo et leur impact potentiel» sur l’organisation des Championnats du monde. Soulignant que «le conflit en cours est confiné à la RDC» et que «le Rwanda reste entièrement sûr pour le tourisme et les affaires», l’instance – dont le siège est à Aigle – dit espérer «une résolution rapide et pacifique de la situation».
Quid du dossier valdo-valaisan? Et bien celui-ci ne semble pas enterré pour autant. En août 2020, peu après que les Mondiaux sont passés sous le nez helvétique direction l’Italie et Imola, Grégory Devaud disait dans «Le Nouvelliste» conserver «l’idée de concrétiser ce projet un jour (…) Il y aura peut-être un désistement ces prochaines années». «Nous avions en effet avec l’UCI un accord transactionnel pour être prioritaires dans le cas où il y aurait un désistement d’ici à 2028, nous explique aujourd’hui l’ancien champion cycliste. Cet accord n’a plus lieu d’être, car les organisations ont été attribuées jusqu’à 2030. Mais nous réfléchissons à des projets et il n’est pas impossible qu’une opportunité arrive pour reprendre le projet initial une de ces prochaines années.» Affaire à suivre, donc…