«Je suis fier d’être le capitaine de ce club qui a une si riche histoire»

Le Français Nicolas Grivot est capitaine du Vevey-Sports depuis la saison dernière. 
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À l’heure de la reprise de Promotion League, le gardien du club néo-promu aborde le second tour confiant. L’état d’esprit du collectif et le talent des individualités doivent permettre le maintien, voire plus.

Avant ce deuxième tour, le néo-promu Vevey pointe à la sixième place, une surprise ?
– Non, eu égard à la qualité de l’équipe, ce n’est ni une surprise, ni un exploit. Nous avons bien bossé depuis le début de la saison et on en récolte les fruits.

Une nouvelle ascension est-elle prochainement possible pour le VS?
– Dans l’idéal oui, mais si c’est dans cinq ans, ce sera bien aussi. Plus sérieusement, il s’agit pour nous d’assurer le maintien le plus rapidement possible, afin de préparer la saison prochaine de manière sereine. Il reste encore 16 matches, un long chemin. À commencer ce dimanche contre le leader Bienne, puis rapidement contre Rapperswill (4e). Ce sera de bons tests pour une reprise.

Ce bon classement, vous le devez à une fin de saison en boulet de canon.
– Après être super bien partis dans cette nouvelle catégorie de jeu, nous avons connu un creux en octobre. Un mois dans le dur, avec du flottement. Il y a eu pas mal de blessés, mais nous avons su faire le dos rond. Puis nous sommes repartis de plus belle lors des cinq derniers matches. Sans cette mauvaise passe, on serait dans le top 3. C’est le foot…

Le niveau en Promotion League est-il nettement supérieur à celui de la 1re ligue ?
– Oui, c’est évident! Le football est plus technique, le groupe très serré, très homogène. De nombreux joueurs ont le potentiel pour jouer plus haut, en Challenge League.

Avec Jean-Philippe Lebeau, Vevey a enfin décroché cette ascension en Promotion League que le club attendait depuis longtemps. Il est pour beaucoup dans la réussite du Vevey-Sports ?
– Incontestablement. Au-delà du football proprement dit, c’est quelqu’un de très humain, porteur de vraies valeurs, proche de nous. Avec lui, on se sent bien épaulés. Il a su créer un véritable état d’esprit d’équipe. Nous sommes toujours heureux de nous retrouver à l’entraînement. De plus, depuis qu’il est là, il y a eu moins de mouvements au sein de l’effectif que par le passé. Un véritable noyau s’est créé et c’est important.

Capitaine et gardien, on sent un vrai leader en vous. On vous entend encourager vos coéquipiers et vous n’hésitez pas à monter balle au pied pour créer le surnombre.
– Ce double rôle, c’est un truc que je kiffe. Comme gardien, j’essaie d’apporter un plus, balle au pied, c’est ma manière de jouer. Et je suis très fier d’être le capitaine de ce club qui a une si riche histoire.

Vous avez toujours joué au but ?
– Presque. En fait, à Vichy, où je suis né, je n’ai disputé que mon premier entraînement comme joueur de champ. J’avais 6 ans. Au retour, comme mes copains ne m’avaient pas fait une passe, j’ai dit à mon papa que je voulais être gardien, afin de toucher plus de ballons. C’était mon objectif. Depuis, je n’ai plus bougé.

Qu’aimez-vous dans ce rôle ?
– C’est un poste à responsabilités. Au sein d’une équipe, je suis quelqu’un d’assez indépendant. Et puis le côté kamikaze me correspond bien, même s’il m’est arrivé deux ou trois bricoles dans ma carrière.

Vous êtes arrivé en Suisse en 2016, à 21 ans, au FC La Tour-Le Pâquier, en provenance de Clermont-Ferrand. Comment cela s’est-il passé ?
– Après avoir fréquenté le centre de formation de Troyes de 15 à 18 ans, j’ai joué cinq saisons comme pro avec Clermont, en deuxième division française. En fin de contrat, j’ai eu un contact avec Vincent Talio, un ami, ex-joueur français devenu directeur sportif au Pâquier. Et depuis, je n’ai plus quitté la Suisse. J’y suis depuis 9 ans.

Autre particularité, vous dirigez, parallèlement au football, votre propre entreprise baptisée Enos qui n’a rien à voir avec
le ballon rond.
– Non, nous sommes spécialistes du courtage hypothécaire. Cette société, je l’ai fondée voilà quatre ans tout seul et aujourd’hui, elle occupe une vingtaine de collaborateurs répartis dans nos trois bureaux de Lausanne, Genève et Evian. À Vevey, la plupart de mes coéquipiers ne bossent pas à côté du foot, moi si. J’ai une vie bien remplie et j’aime ça.