Le Canton ne réintégrera pas Roland Jaquenoud

L’Abbaye de Saint-Maurice, ici sa basilique, soutient l’un des siens dans sa demande de réhabilitation en tant qu’enseignant au collège. | P. Martin – archive 24 heures

Collège de Saint-Maurice
L’abbaye soutient le chanoine pour qu’il retrouve son poste d’enseignant. Mais pour les autorités, c’est exclu.

Le chanoine de l’Abbaye de Saint-Maurice doit déchanter, lui qui demandait à reprendre sa fonction d’enseignant au collège de la cité agaunoise dès la rentrée 2025-2026. L’homme d’église, qui a vu les accusations à son encontre pour des comportements inadéquats en 2003 être classées, a le soutien de l’Abbaye de Saint-Maurice, qui a publié jeudi un communiqué dans ce sens. Mais cela paraît ne rien devoir y changer.

Car le Canton du Valais est très clair et la récente décision du Tribunal cantonal valaisan d’accepter le recours de Roland Jaquenoud n’y changera rien, assure Jean-Philippe Lonfat, chef du Service de l’enseignement du canton du Valais. «Je prends acte de la décision du Tribunal cantonal, mais quoi qu’il en soit, M. Jaquenoud ne sera pas réintégré. La rupture du lien de confiance est totale depuis 2023. Le cadre légal le permet et prévoit un règlement de l’affaire par le versement d’une indemnité.» À combien s’élève-t-elle? Aucun chiffre n’est articulé.

«Une question de justice»

L’Abbaye de Saint-Maurice ne l’entend pas de cette oreille et invoque ladite décision du 18 février et le classement des accusations de 2023. «Je comprends parfaitement que le Service de l’enseignement devait prendre des mesures à la suite de la diffusion du reportage en novembre 2023 (ndlr: «Mise au Point» sur la RTS) pour permettre l’établissement des faits, explique Roland Jaquenoud. Or, maintenant qu’ils sont établis et que je suis hors de cause, j’attends que le Service de l’enseignement me réhabilite dans mes fonctions d’enseignant. Cela me semble être une question de justice.»

Roland Jaquenoud avait été mis en cause à la suite d’un témoignage anonyme au sujet d’une relation sexuelle de 2003 avec un novice. À l’époque, il avait été envoyé en mission au Kazakhstan, où il est resté jusqu’en 2015. Après l’émission de la RTS, Rome avait mené son enquête et conclu à une relation consentie entre deux personnes majeures. La justice valaisanne avait décidé une ordonnance de classement.

Dégât d’image pour le collège

Non seulement Jean-Philippe Lonfat campe sur ses positions, mais il se dit «consterné» par la stratégie de l’abbaye. «Je suis sidéré par ce communiqué! Le collège de Saint-Maurice faisait le prestige de l’abbaye et je ne comprends pas qu’elle continue de nourrir le dégât d’image que le contexte a déjà engendré pour l’école. Le collège a déjà perdu 40 élèves l’an dernier et on s’attend à un nombre équivalent pour la prochaine rentrée.»

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