« C’est rare de pouvoir vivre une telle expérience à la maison »

La Villardoue Fanny Smith a renoué avec la victoire sur la piste géorgienne de Gudauri le 28 février dernier. De bon augure avant les prochains Mondiaux à Saint-Moritz (21-23 mars pour le skicross). | LDD

Fanny Smith
Après sa première victoire en Coupe du monde depuis deux ans, la skieuse villardoue sera au départ des Championnats du monde de ski freestyle en Engadine, dès le 21 mars. Interview de cette sportive qui, après 80 podiums en coupe du monde, vit encore à 100 à l’heure.

Fanny Smith, comment vous sentez-vous, après avoir renoué avec la victoire à Gudauri?
– Ça va bien. J’étais contente de tout ce qu’il s’est passé en Géorgie, de pouvoir renouer avec le succès. Mais c’était un voyage très fatigant, très compliqué.

Rassurez-nous, vous n’êtes plus malade (ndlr: elle a remporté une première et une deuxième place avec un refroidissement)?
– Encore un tout petit peu (elle rit), mais ce n’est pas trop rude.

Comment préparez-vous ces Championnats du monde?
– Juste avant Saint-Moritz, je serai au Canada, où on a deux Coupes du monde. Certains athlètes ont fait l’impasse, mais les Suisses ont décidé d’y aller, et pour moi, c’est important, car potentiellement, je pourrais me battre pour un Globe de cristal.

C’est un rythme très soutenu, non?
– Oui, il faudra que je gère mon énergie, et faire avec le décalage horaire, parce qu’on aura seulement un jour entre l’atterrissage et le premier entraînement officiel à Saint-Moritz. Mais c’est effectivement une saison chargée. Avec l’équipe de Suisse, on s’est rendus dans les 18 compétitions de la saison, c’est énorme sur une aussi courte période.

Vous avez le temps de retourner dans la Chablais des fois?
– Des fois (elle rit)! Après la Géorgie, je suis rentrée deux jours à Villars. Ça fait du bien de retrouver son lit! Voir sa famille, ses amis, ça fait partie des petites choses qui peuvent faire la différence.

Pourquoi vous imposer ce rythme effréné? Juste parce que vous le pouvez?
– Je suis passionnée par mon sport, par la vie d’une athlète professionnelle. J’aime me dépasser, réfléchir à comment être meilleure en compétition et me remettre en question du point de vue de l’équipement, et de tout ce qu’il y a autour de la compétition.

Vous avez 32 ans, vous montez sur les podiums depuis plus de 15 ans, n’éprouvez-vous pas de lassitude?
– C’est rare dans une carrière, de pouvoir vivre des Mondiaux à la maison. J’ai déjà six médailles en Championnats du monde, alors tout ça, c’est du bonus. Je veux me faire plaisir, profiter du moment. Pour cette compétition, je n’aurai pas forcément un avantage, car il s’agit d’un parcours plutôt plat qui profitera moins à mon type de gabarit. Je sais que je n’aurai pas droit à l’erreur.

À ce moment de la saison, est-ce que vous avez les Jeux olympiques de 2026 dans le collimateur, ou alors ce n’est pas du tout d’actualité?
– C’est complètement d’actualité, ça fait même depuis 2022 que j’ai ces JO dans le collimateur (elle rit)! À Milan, ces Jeux seront particuliers. Ils se tiendront dans un pays où le ski est tout de même un sport national, avec des Jeux différents de tout ce qu’on a vécu jusque-là du point de vue des infrastructures. J’ai vraiment hâte d’y être, si j’y arrive.