La cure de jouvence se poursuit pour les trains du Chablais

Sur cette image de synthèse, une future rame à trois éléments de l’AL sur le viaduc de Leysin.  | Stadler

Mobilité
Après l’AOMC et l’ASD, ce sera au tour de l’Aigle-Leysin et du Bex-Villars-Bretaye de recevoir treize nouvelles rames ultramodernes. Un contrat de 140 millions a été passé avec le constructeur Stadler.

«S’agissant du matériel roulant, cet achat est l’investissement le plus important consenti depuis la création de ces deux compagnies», relève Grégoire Praz, directeur des Transports Publics du Chablais (TPC). Le coût d’une seule rame est de l’ordre de 10 millions de francs.
Elles permettront un fonctionnement aussi bien en mode adhérence qu’en mode crémaillère. «Leur conception sera spécialement adaptée à la configuration de ces deux lignes qui affichent une forte déclivité – jusqu’à 230‰ – et des courbes serrées», ajoute le directeur. Le fournisseur Stadler est la seule entreprise en Suisse capable de produire de telles rames.
Avec quelque 400’000 passagers transportés par an, selon les chiffres de 2023, ces nouvelles rames se composeront de trois éléments et offriront une plus grande capacité que les compositions actuelles. Elles pourront accueillir 250 voyageurs, dont 112 places assises, et les bagages et les skis auront un espace dédié, facilement accessible grâce à un plancher abaissés. Ce confort accru s’accompagnera aussi d’améliorations techniques, notamment au niveau de la durabilité, puisque l’énergie consommée à la descente sera récupérée et réinjectée pour alimenter le train montant.

Neuf rames pour le BVB, quatre pour l’AL
L’achat de ces nouvelles rames s’inscrit dans un cadre plus large de modernisation de ces deux lignes avec des améliorations en cours du tracé et une sécurisation améliorée pour le BVB et, pour l’AL, les futurs travaux de prolongement jusqu’aux remontées mécaniques.
La ligne de l’Aigle-Leysin sera aussi grandement modernisée en étant équipée d’une installation de sécurité dont elle ne dispose pas pour l’instant. «Nous travaillons aussi à trouver la solution pour éviter le rebroussement à Aigle-Dépôt, afin de raccourcir le temps de parcours», explique Grégoire Praz.
Sur les treize rames commandées, neuf seront affectées au BVB et pourront circuler jusqu’à Bretaye et quatre à l’AL. La cadence de l’horaire ne sera pas forcément modifiée dans un premier temps, avec un train par heure entre Bex et Villars, et un à deux par heure entre Aigle et Leysin. Le tronçon Villars-Bretaye enregistre lui une cadence soutenue au quart d’heure en cas de forte affluence hivernale.
Fabriqué au siège de Stadler dans le canton de Thurgovie, ce nouveau matériel doit être livré au début 2028 pour une mise en service à l’automne.