Un lapin de Pâques plus cher dans les rayons

Christophe Moutarlier et son équipe vendent de nombreux lapins de Pâques dans leur magasin à Noville. À l’arrière, on y aperçoit une partie des installations de la chocolaterie.  | DR

Chocolat
Ce printemps, le prix des créations à base de cacao a augmenté. Les chocolatiers essaient au maximum de contenir cette hausse. Explications.

Ils en ont conscience: répercuter l’ensemble des hausses de prix des matières premières sur la vente de leurs produits finis serait un risque important. «Après Noël, Pâques est la période la plus importante en termes de chiffres d’affaires. Par respect pour nos clients, nous avons appliqué une hausse dérisoire par rapport aux augmentations que nous subissons pour le chocolat brut et les autres ingrédients, assure Guillaume Chalet, l’un des patrons de la boulangerie Chalet-Ançay, à Gryon. Nous verrons ensuite, mais pour l’instant, nous faisons abstraction de cette question de prix.»

Cet artisan – tout comme d’autres chocolatiers du Chablais ou de la Riviera – se ravitaille en chocolat brut chez quelques gros distributeurs, à l’instar de l’entreprise schwytzoise Felchlin. Mais ils sont confrontés à des prix qui prennent l’ascenseur, notamment pour les produits finis (+3 à 5% en moyenne). En cause? La flambée du cours du cacao, qu’il provienne d’Amérique latine ou d’Afrique. 

La situation est tout particulièrement critique en Côte d’Ivoire – l’un des gros producteurs au monde – qui a dû faire face à une importante sécheresse. Aujourd’hui, le prix d’achat de la tonne de cacao se situe en moyenne autour de 8’000 dollars, contre 3’000 il y a 10 ans. 

En mode Far West

À Noville, Christophe Moutarlier se veut aussi rassurant. «Nous avons majoré un tout petit peu nos prix, mais modérément.» Il est le seul chocolatier de la région à acheter son cacao directement chez des producteurs soigneusement sélectionnés. Il effectue ensuite lui-même le concassage dans son laboratoire. 

«Pour nous, il est primordial d’informer nos clients sur la qualité et sur les conditions de vie des producteurs que nous avons choisis», souligne-t-il. Le grand maître mise aussi sur l’originalité des créations de sa chocolaterie. Outre les classiques lapins et œufs, lui et son équipe travaillent chaque année sur un thème différent. En 2025, ils ont choisi le Far West. 

Christophe Moutarlier annonce également que sa succursale de Montreux va déménager prochainement. Mais les clients devraient s’y retrouver, l’adresse changera du numéro 44 de la Grand-Rue au 40. «Nous disposerons d’un magasin plus attractif, tout en restant à un endroit privilégié», se réjouit-il. L’inauguration est prévue pour la fin de l’été.