
La Fête fédérale de gym célèbre tous les six ans la discipline en rassemblant des dizaines de milliers d’athlètes de tous niveaux. Elle est de retour en Suisse romande, 47 ans après. | Lausanne 2025 FFG/ETF
«Beaucoup de représentants de la Riviera et du Chablais participent à la Fête fédérale de gym, que ce soit parmi les athlètes ou au sein du comité d’organisation.»
Ce n’est pas le premier venu qui le dit, mais le Blonaysan Cédric Bovey, 41 ans, président de la manifestation. Celle de tous les superlatifs, qui démarre demain à Lausanne, jusqu’au 22 juin pour célébrer la communauté nationale de la gymnastique. C’est peu dire qu’elle est attendue: la Suisse romande n’a plus accueilli l’événement depuis 1978, à Genève. Pour retrouver une édition vaudoise, il faut carrément remonter en 1951.
L’organigramme compte par ailleurs plus d’un Bovey! «Mon épouse est coach, mon frère est dans l’organisation du gala à la Vaudoise aréna, mon papa et mon oncle gèrent le site de Bergières et je suis moi-même sorti de ma retraite gymnique pour participer à trois compétitions à deux avec ma fille», énumère celui qui est aussi chef du Service de l’éducation physique et du sport du canton.
La famille! L’une des valeurs cardinales de la Fête. Cédric Bovey en pointe d’autres. «Le côté intergénérationnel. À 7 ans, 8 ans ou 78, on peut participer, que l’on représente l’élite ou le sport de masse. Sans parler de la tradition de la gym dans nos villes et villages.»
Beaulieu confié à Aigle
La Fête se déroulera autour de plusieurs sites stratégiques. Celui de Beaulieu sera le fief de Xavier Schneider, président du club historique FSG Aigle-Alliance. Il accueillera les compétitions de trampoline, de gym artistique et rythmique, de gym aidante et, dans les jardins, de «parkour», une discipline récente.
Si Xavier Schneider sera le coordinateur en chef, c’est tout le club aiglon qui s’est mobilisé. «La plupart des 200 bénévoles inscrits pour Beaulieu sont des membres, même si nous avons désormais ouvert à l’extérieur, car il nous manque encore du monde. Le site est tellement grand!»
Les derniers réglages de lundi n’ont pas réservé de mauvaise surprise et le Chablaisien de 36 ans se sent d’attaque, lui qui a connu quelques Fêtes fédérales en tant qu’athlète. «Mais en tant qu’organisateur, c’est forcément la première et certainement la dernière, vu les intervalles entre deux éditions romandes. C’est clairement l’expérience d’une vie.»
De l’électricité dans l’air
En tant que directrice de la communication, la Montreusienne Valentine Pittet est aux premières loges pour mesurer l’engouement qui est monté autour de Lausanne 2025. «L’effervescence se fait sentir, avec des signes toujours plus visibles dans les rues, sur les réseaux sociaux et une couverture médiatique importante. Pour chaque jour de Fête, plus de 100 médias nationaux, régionaux et locaux se sont annoncés.»
Pour l’habitante de Territet, cette électricité est le reflet du travail d’«une équipe d’une trentaine de personnes qui œuvrent depuis plus de deux ans pour certains, et dont près de 90% sont des volontaires. Quand on parle de la famille de la gym, ce n’est pas usurpé.»
Au vu de l’attente et de l’enjeu, on reste admiratif devant le calme de Cédric Bovey: «Je suis serein. Les choses ont avancé comme prévu, avec les aléas d’une manifestation aussi gigantesque, mais nous avons toujours été orientés solutions.» Il avoue une seule crainte, l’inconnue par excellence: la météo.

La gym veut être ouverte à tous, ce qui inclut les personnes à besoins spécifiques. Un groupe d’une soixantaine de gymnastes, parmi lesquels des athlètes valides, une vingtaine de moniteurs et des participants en situation de handicap, prendra donc part à la Fête: la TEAM, pour Tous ensemble entre amis et en mouvement.
L’initiative est partie de trois monitrices de la société de Roche, qui héberge déjà un groupe inclusif depuis cinq ans. «En vue de la Fête fédérale, on s’est dit qu’on allait faire un groupe avec Vallorbe, qui en a un aussi, explique Johanne Blanc-Vetter. Et puis nous avons appris que c’était également le cas à La Tour-de-Peilz.»
Les trois clubs ont donc mis sur pied un spectacle pour trois représentations: deux durant le gala «Gymagine» à la Vaudoise aréna les 20 et 21 juin et une lors de la cérémonie de clôture au stade de la Tuilière le 22. «Pour la première, de six minutes, nous avons carte blanche. Pour la seconde, nous devons nous inclure dans un spectacle réunissant 400 gymnastes.»
Le tout est soutenu par la Fondation Sport-Up, qui œuvre en faveur de l’activité physique inclusive, notamment à travers son programme TEAM pour favoriser des initiatives dans les clubs au-delà des seuls grands événements (Fête des Vignerons, Gymnaestrada, JOJ 2020). Cette fondation est présidée par Cédric Blanc, «M. Inclusivité» à l’école obligatoire vaudoise et papa de… Johanne. Le Montreusien sera sur scène pour l’occasion. Pour le père et la fille, le but est le même: «Être inspirant pour d’autres sociétés de gym.»
Légende: Symbole d’inclusivité, le spectacle de TEAM racontera le voyage d’un garçon à travers la Suisse et la rencontre de trois peuples différents apprenant à vivre ensemble. | Sport-Up

Tous les clubs historiques de la Riviera et du Chablais seront représentés à Lausanne 2025. Jessica Rullo, Erine Pugin (Vevey Jeunes-Patriotes) et Chloé Wermeille (Vevey-Ancienne) sont en lice pour les premières places. Et toutes les trois ont «choisi Vevey pour sa réputation», résume Chloé, 23 ans, jurassienne d’origine.
Toutes ont déjà connu au moins une Fête et connaissent le poids du «symbole». «Celle de 2019, à Aarau, on s’en souvient six ans après, mais là c’est différent, c’est chez nous», ajoute Erine, Valaisanne de 22 ans et étudiante à Lausanne. «À domicile, c’est plus excitant», appuie encore Chloé.
Les trois sont unanimes sur un autre point: elles ont davantage en tête le plaisir de participer à une fête que l’obsession d’une médaille. «Même si on reste des compétitrices, nuance Jessica, 28 ans, qui vit à Ecublens. Mais comme tous les six ans, on va miser sur le plaisir.» «Et voir du monde de la communauté de gym, se réjouit Chloé, parce qu’à part les camps d’entraînement, on a peu d’occasions de se croiser.»
Légende: De g. à dr.: Erine Pugin (Vevey Jeunes-Patriotes), Chloé Wermeille (Vevey-Ancienne) et Jessica Rullo (Vevey Jeunes-Patriotes) se réjouissent de fêter «à domicile». | K. Di Matteo
65
En milliers, c’est le nombre d’athlètes (51% de femmes) issus de 1’372 sociétés.
300
En milliers toujours, c’est le nombre de visiteurs attendus sur deux semaines.
140
Le nombre de compétitions.
75
En milliers, les m2 de camping pour accueillir 43’031 nuitées, plus les 22’263 prévues dans des salles de gym.
4000
Le nombre de bénévoles déjà inscrits.
Intéressé.e?: lausanne2025.ch/volontaires.
