
Le glacier des Diablerets a toujours été en mouvement, mais il est monitoré de près par les spécialistes. | E. Dottrens
Après avoir eu les yeux rivés sur le Lötschental, on les tourne désormais sur les sommets plus proches de nous. Les glaciers des Diablerets, de Tsanfleuron ou de Pierredar pourraient-ils s’effondrer? «Probablement pas, estime Mauro Fischer, glaciologue et géomorphologue à l’Institut de géographie de Berne. Le glacier du Birch s’est effondré à cause du poids des pierres qui sont tombées dessus depuis plusieurs années. Dans le Chablais, je ne vois pas de glacier dans une situation similaire. Et il n’y a pas de village situé si proche comme Blatten. À la Tour Sallière, par exemple, il y a régulièrement quelques éboulis, mais ils tombent sur des zones complètement sauvages, sans infrastructures ni chemin de randonnée.»
Au-dessus de Derborence, le fantôme de Charles Ferdinand Ramuz reste cependant présent. Si les deux éboulements de 1714 et 1749 sont encore visibles, la surface qui les surplombe continue à bouger. En 2021, un pan de 50 m3 s’écroulait d’ailleurs de la face sud du glacier des Diablerets. Toute la région est scrutée de près.
Déluges ou éboulis ?
Nos glaciers, même s’ils sont moins hauts que celui du Birch, ne sont pas épargnés par le réchauffement climatique. Chez nous aussi, le permafrost fond et déstabilise les flancs de montagne. Des laves torrentielles telles qu’observées dans le Val de Bagne récemment ne sont donc pas à exclure.
«Avec le changement climatique, il y a beaucoup plus de mouvements. Des glissements de terrains et peut-être quelques éboulements peuvent avoir lieu. Aux Diablerets, il y a déjà eu par exemple beaucoup de problèmes avec des laves torrentielles et des crues dans la Grande Eau», relève Mauro Fischer.
Un terrain donc moins propice aux grosses catastrophes que dans le Haut-Valais mais qui reste victime des intempéries, et qu’il faudra continuer à surveiller.
