
Roberto Azienda est arrivé aux Saintes-Marie-de-la-Mer en quinze jours, soit cinq de moins que prévu. | DR
Il est des batailles que l’on ne peut entreprendre que seul. Mais celle de sa femme, Roberto a voulu la partager, à sa manière. Parti mi-mai de son domicile à Corseaux, il a ramé 630 kilomètres dans son kayak pour rallier en quinze jours les Saintes-Marie-de-la-Mer, en Camargue.
Ce trentenaire a également porté les couleurs de S-Endo, une association de soutien aux femmes atteintes d’endométriose en Suisse. Une maladie contre laquelle le couple se bat depuis de nombreuses années. «Nous avons fait beaucoup de processus de procréation médicalement assistée, sans succès pour l’instant. Alors, c’est bien joli pour moi de dire que je la comprends, que je suis là pour elle. Mais à un moment donné, j’avais aussi envie d’emmagasiner de la souffrance.»
Grosse frayeur
Si la traversée du Léman s’est faite sans trop de difficultés, le voyage fut plus agité par la suite. À commencer par les barrages genevois sur le Rhône, infranchissables avec le kayak.
À celui de Chancy-Pougny, c’est l’accident. «Il y avait un seuil à cet endroit. C’est un passage dangereux où l’eau est aspirée, et si on tombe là-dedans, il n’est plus possible d’en sortir, explique Roberto. Il y avait trop de débit et je n’ai pas réussi à sortir à temps. Heureusement, j’ai pu gonfler mon gilet, ce qui m’a sauvé la vie. J’ai eu très peur et j’ai cru que l’aventure s’arrêtait là.»
Mais ses motivations profondes lui ont rappelé pourquoi il s’était lancé ce défi. «Je voulais montrer que je ne baisserai pas les bras. Les femmes atteintes d’endométriose, elles, n’ont pas vraiment le choix, elles doivent se battre jusqu’au bout. Je n’avais donc pas le droit d’abandonner.» Il a ainsi poursuivi son voyage.
Un combat mené à deux
Malgré une visibilité de plus en plus grande dans les médias, l’endométriose reste à ce jour sans cure. Ses symptômes peuvent être atténués par des médicaments ou par intervention chirurgicale, mais cette maladie reste pesante pour les femmes atteintes. Et pour les hommes aussi, quand le désir d’enfant est présent. «L’endométriose peine à franchir la frontière masculine. On en parle beaucoup entre femmes, mais les hommes n’ont pas toujours envie de s’en mêler», remarque Roberto.
L’Association S-Endo, elle, se bat depuis 2016 pour faire entendre la voix de ces femmes, mais aussi pour informer, médiatiser, et collaborer avec le corps médical. Lors de son périple, Roberto Azienda a pu partager la cause qui lui est chère. «Les gens étaient très touchés par ma démarche. Et le fait qu’un homme fasse ce voyage les interpellait. Sans oublier ma femme, qui était super fière de moi.» De quoi leur donner du courage supplémentaire pour essayer d’agrandir leur famille.
