«On va jouer devant plus de 15’000 spectateurs, ça va être génial»

Evita Herminjard et Nadia Constantin sont ravies. Elles défendront les couleurs de la Suisse lors de l’Euro de basket féminin qui se déroulera du 18 au 29 juin en Grèce, Italie, Tchéquie et Allemagne.  | Swiss Basketball

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Joueuses de Troistorrents et de Piešťanské, en Slovaquie, les deux amies font partie de l’équipe suisse qui participera dès ce soir à l’Euro de basket. Elles piétinent d’impatience, à quelques secondes du coup d’envoi.

Elles se sont connues à l’adolescence dans les sélections juniors et sont aujourd’hui des copines complices et inséparables. Les deux joueuses font chambre commune lors des stages de l’équipe suisse de basket. Originaire d’Ollon, Nadia Constantin (28 ans) défend en club les couleurs du BBC Troistorrents. Née à La Tour-de-Peilz, Evita Herminjard (27 ans), évolue avec l’équipe de Piešťanské Čajky, championne de Slovaquie.

Ensemble, comme un couronnement, elles vivront dès ce mercredi un événement historique. À Athènes, elles joueront contre la Grèce le premier match de la Suisse dans un Euro féminin depuis 1956, près de 70 ans après la dernière qualification. «Dans une salle comble, devant plus de 15’000 spectateurs, ça va être génial», glisse au téléphone Nadia Constantin, encore en pleine préparation lors du dernier camp d’entraînement au Portugal.

En se qualifiant après une si longue attente, les Suissesses ont réussi un véritable exploit. Et elles en ont conscience. «On est toutes très fières de faire partie de cette aventure. C’est une chance unique. J’avais 18 ans quand j’ai joué mon premier match avec la Suisse, il y a pile dix ans», enchaîne la joueuse de Troistorrents. Même enthousiasme chez Evita Herminjard, la capitaine de l’équipe de suisse. «On est super excitées, surtout que personne ne s’y attendait.»

Groupe très relevé

Grâce à cette qualification, la Suisse est passée de la 64e à la 49e place mondiale, la plus forte progression récemment, toutes équipes confondues. Le tirage au sort lui a pourtant réservé dans son groupe des équipes nettement mieux classées, la Grèce (21e), la Turquie (17e) et surtout la France (3e) battue d’un tout petit point en finale olympique à Paris par les Américaines.

«On sait qu’on ne va pas gagner l’Euro, mais on est capables de créer des surprises, poursuit Nadia Constantin. On jouera sans pression, décomplexées. On ne va pas pleurer parce qu’on doit affronter la France et quelques-unes des meilleures joueuses du monde. On a ce qu’on voulait.» Même les trois défaites nettes enregistrées lors de la préparation contre la Serbie, l’Espagne et le Portugal n’ont pas refroidi leur enthousiasme. L’entraîneur français François Gomez avait délibérément choisi ces équipes de haut rang, un avant-goût de ce que sera l’Euro. «La Serbie et l’Espagne visent une médaille. C’est ça le top niveau», enchaîne Nadia Constantin.

De l’avis général, François Gomez est le grand artisan de cette qualification. En mars 2024, il avait repris une équipe plombée par deux défaites initiales. Il l’a totalement métamorphosée. Les Suissesses ont ensuite enchaîné quatre victoires et arraché leur billet au bout du suspense. «Vous allez passer, n’a cessé de nous répéter le coach dès son arrivée. Il nous a insufflé de la confiance. Avec lui, nous ne sommes plus cette petite Suisse qui n’y arrive jamais», relève Nadia Constantin. Et Evita Herminjard d’ajouter: «Le coach a apporté une nouvelle dynamique, il a simplement tout changé.»

Le basket féminin suisse progresse

La plupart des filles de l’équipe suisse se connaissent depuis l’adolescence. «On jouait déjà les unes contre les autres chez les juniors à 13 ans, avec les sélections cantonales. Nous sommes restées très proches et la cohésion constitue notre grande force», analyse la joueuse du BBC Troistorrents. «Et avec Nadia et deux autres filles de l’équipe, on va même partir en vacances ensemble dans les Pouilles cet été», rigole sa capitaine.

Autre atout: six des douze sélectionnées évoluent aujourd’hui à l’étranger, que ce soit en Italie, en France ou encore en Slovaquie comme Evita Herminjard, ce qui constitue un gros plus par rapport au passé. «Pros, elles nous apportent leur expérience, leur soif de réussite», analyse Nadia Constantin.

Cette qualification, conjuguée à la victoire de Nyon à l’European Women’s Basket League (3e échelon des Coupes d’Europe), illustre les progrès du basket féminin suisse sur le plan international. «On est sur le bon chemin, poursuit la Boyarde. J’espère que la fédération profitera de cet Euro pour promouvoir notre sport.» La Suisse espère d’ailleurs organiser l’Euro féminin en 2029.