Le groupe suisse qui fait vibrer le monde
Yvan Franel chante une chanson en chinois et communie avec le public lors du Montreux Jazz China, en 2024. | Montreux Jazz Festival
En une vingtaine d’années, ils ont enflammé la Plaine de Paléo, et le Montreux Jazz Festival, dont une fois en première partie de Deep Purple. Ils ont parcouru l’Europe, l’Amérique, l’Asie, fait danser Londres autant que New York avec «Vodka Red Girls» et «Fred Astaire», assuré l’ouverture de Coldplay ou de Snow Patrol.
Les Stevans, c’est un trio devenu duo, qui est passé d’une pop british inspirée à un style mêlant soul, groove et électro, sans jamais lasser ses fans. Pour celles et ceux qui ne les connaîtraient pas encore, ainsi que pour leurs aficionados, ils feront le show sur la Riviera et dans le Chablais cet été pour présenter leur nouvel EP, un mini-album nommé «Simplify». Avec une musique toujours généreuse, qui rassemble, dans la bonne humeur.
Racines veveysannes
Le fondateur du groupe, le Genevois Yvan Franel se réjouit particulièrement du concert qu’il donnera à Chaplin’s World. «Avec Yann (ndlr: Secrest, second membre de Stevans depuis dix ans), nous sommes très contents de jouer là-bas. Nous avons prévu une formule acoustique que nous interpréterons dans le parc devant le manoir. Et il s’avère que ce manoir a été dessiné par l’architecte Philippe Franel, qui n’est autre que mon arrière-arrière-arrière…grand-père. Donc pour la petite histoire, je suis presque plus veveysan que genevois.»
Le chanteur-auteur-compositeur, batteur, guitariste, pianiste, humoriste à ses heures perdues sous le nom d’Evrard, a aussi enregistré un magnifique duo avec la chanteuse Fanny Leeb, installée à La Tour-de-Peilz. «Nous étions en contact durant le Covid et j’étais en train de réaliser des maquettes. Je lui ai envoyé des chansons en lui lançant: <Tiens!
Ça te dit qu’on se fasse un petit duo?> Et elle a choisi <Hater>. J’aime beaucoup Fanny et sa voix grave.»
La force de Stevans est de savoir bien s’entourer. Un duo avec Coralie Clément par ci, une collaboration avec Zeela, producteur et batteur helvétique, par là. Des rencontres et des amitiés qui se tissent ici et ailleurs. Mais une seule chorégraphe attitrée, Ludivine Heubi, «notre muse mascotte, qui apparaît dans nos clips et dont le père, Peter Heubi, était danseur étoile».
Succès fou en Chine
Si le groupe chante surtout en anglais, il s’amuse volontiers à tester d’autres langues, telle sa reprise de «Canción del mariachi» en espagnol. Et pour plaire à son public asiatique, Yvan Franel a carrément appris une chanson populaire en chinois. «En phonétique, rigole le chanteur. Je ne sais toujours pas le parler, honte à moi. Mais pour la prochaine tournée, la quatrième en Chine, j’ai appris une seconde chanson en mandarin!»
Cette année encore, Stevans devrait être programmé par le Montreux Jazz Festival en Chine et peut-être même pour la première fois à Hong Kong. «Pour l’instant, c’est en gestation, précise le leader du groupe. Nous avons déjà joué à Shanghai et à Hong Kong. Des concerts devant 5’000 à 15’000 personnes à chaque fois. C’est une super satisfaction de se dire que des morceaux qui sont composés sur un petit canapé à Plainpalais, à Genève, se retrouvent ensuite en Asie.»
Leur plus grand concert était au Vietnam, devant plus de 20’000 spectateurs. «C’est comme une drogue, relève Yvan Franel. Durant cette tournée, nous enchaînions les stades, avec une pause d’une semaine entre chacun d’eux. Les jours qui suivaient les concerts, nous étions comme en manque, il nous fallait notre dose d’adrénaline. Toutes les heures de travail, les milliers de kilomètres de route, tout ça, c’est juste pour vivre une heure sur scène.» Et leur musique continue à vivre sans eux, dans la bouche de Rose Zhang, la «disco queen chinoise», qui a racheté les droits d’une vingtaine de chansons de Stevans. «Elle chante quatre ou cinq de nos morceaux à chacun de ses concerts, signale le chanteur suisse. Nous sommes aussi allés jouer en Chine avec elle.»
Le fils de diplomates, qui a grandi entre Athènes, Kinshasa, Jakarta et Rabat, aime aussi les moments de partage incroyables avec les spectateurs asiatiques. «Nous avons un beau souvenir à Pékin où après un super concert, avec une ambiance incroyable dans la salle, un gars est venu nous dire qu’il avait vécu un moment spécial et qu’il allait faire sa demande en mariage. Il s’est mis à genoux et heureusement, elle a dit oui. C’était très touchant.»
Et ici, à quand des chansons en français? Quelques essais ont été réalisés, avec des «parties traduites pour passer sur les radios françaises qui ont des quotas. Mais mon prochain challenge sera de créer une chanson entièrement en français. J’y travaille!»
Où écouter Stevans ?
Le 27 juin à Grandvaux au Lavaux-Vibrations Festival, Domaine La Crausaz:
lacrausaz.ch
Le 29 juin à 15h à Corsier-sur-Vevey durant Les Weekends en musique de Chaplin’s World:
chaplinsworld.com/fr/decouvrez-chaplins-world/programmation/weekends-musique
Le 2 août à 21h à Villeneuve sur La scène du Jardin de la perle:
au-quai-ok.ch
Toutes les dates européennes de la tournée:
stevans.net/shows-2025








