Quand le handicap reste à quai

La chaise flottante, nommée tiralo, est à disposition à la plage de Hermance (GE) depuis 2016. C’est ce type d’engin qui est espéré par la PLR boélande Sophie Blank Barbezat.  | Adobe Stock

Inclusion
En matière d’accès à la baignade pour les personnes invalides, notre région est mauvaise élève. À La Tour-de-Peilz, une élue PLR veut changer les choses.

Alors que les decks et les plages se remplissent sous le soleil tapant, ces lieux sont, pour beaucoup, inaccessibles. Les personnes en situation de handicap se heurtent à de nombreux obstacles pour profiter de la baignade. Un droit pourtant fondamental selon la conseillère communale boélande Sophie Blank Barbezat.

«Face aux températures élevées, l’accès à des solutions de rafraîchissement devient essentiel pour chacun et chacune, indépendamment de ses capacités physiques», plaide la Libérale-Radicale dans son postulat «Un accès à la baignade au lac pour tous» déposé en été 2023.

Si elle salue avec enthousiasme le développement de la Dolce Riviera et des decks en bord de lac, elle regrette que ces aménagements ne profitent pas à tout le monde. «Il faut penser aussi aux enfants en chaise roulante, aux seniors ou même à soi-même si on a un accident. J’ai toujours adoré me baigner, mais si demain j’ai un accident, mon accès sera coupé», déplore-t-elle.

La Riviera à la traîne

L’élue observe avec intérêt les initiatives menées ailleurs en Suisse romande. À Hermance (GE), un tiralo – une chaise flottante –, est à disposition depuis 2016. À Versoix, une pente d’accès a été inaugurée au printemps 2023. Plus récemment, Lausanne est la première ville suisse à avoir équipé une plage d’une rampe submersible avec siège motorisé: le «SEATRAC Mover». Ce dispositif fonctionnant à l’énergie solaire est disponible depuis avril à la plage de Vidy-Bourget. Sur place, on y retrouve encore des vestiaires et des douches PMR (Personne à mobilité réduite).

Et sur la Riviera? Aucun dispositif en vue. Du moins, pour l’instant. Sophie Blank Barbezat demande ainsi l’acquisition d’une chaise flottante à trois roues et l’installation d’une cabine adaptée pour se changer et stocker son fauteuil en toute sécurité.

Dans le préavis déposé mercredi dernier en réponse au postulat, la Municipalité se dit «sensible à la proposition», mais avance qu’aucun site de la commune, du quai Roussy à la plage de la Maladaire, ne se prête à de tels aménagements, sans coûts et travaux démesurés. Une coordination régionale est envisagée avec Montreux, sur un espace déjà existant, plus adapté. La plage du Pierrier à Clarens est citée, car facilement accessible en véhicule, sans marche et avec une pente douce. La Municipalité boélande est en attente d’une réponse.

Ce préavis sera traité en séance de commission début juillet avant de passer devant le Conseil communal lors de la séance de la rentrée en septembre.