
De gauche à droite: Colin Wahli (co-fondateur), Léo Wahli (co-fondateur), Jerome Jr. Handunge (responsable commercial). | A. Konishi
Ce qui aurait pu rester une expérimentation s’est vite transformé en aventure entrepreneuriale. Tout commence dans une cuisine, avec une cuve d’eau remplie de yerba maté et l’intuition que cette plante d’Amérique latine – riche en antioxydants, minéraux et caféine naturelle – pourrait séduire au-delà des cercles d’initiés.
Sans ambition démesurée, Léo et Colin Wahli créent Grano Maté, une fabrication locale de boissons pétillantes à base de maté, de la bouteille au zéro déchet. Récemment, ils ont innové avec une version sans édulcorant artificiel.
Entreprise engagée
Allier efficacité, rentabilité et plaisir. Tel est le défi que se sont lancé Léo et Colin. Mais plaisir rime aussi avec engagement: le maté, bio et équitable, est importé sec pour en limiter l’impact environnemental. «C’est transporter de l’eau qui pollue le plus», rappelle Colin Wahli. La production se déroule ensuite en Suisse romande, avec des partenaires locaux.
Côté logistique, leur système de livraison évite la production de plusieurs tonnes de CO₂, grâce notamment aux derniers kilomètres livrés en deux roues . Plus de 17’000 canettes ont également été évitées grâce à des fûts réutilisables, lors de la Fête fédérale de gymnastique à Lausanne.
Sans sucre ajouté
Il y a à peine deux mois, le duo a lancé une nouvelle déclinaison, à base de maté torréfié, lime et stévia française. «De plus en plus de gens cherchent des alternatives non sucrées pour leur santé, par goût ou envie. Les options manquent parfois», explique Léo Wahli.
Au-delà du goût, la démarche répond aussi à un enjeu de santé publique: «L’OMS recommande de ne pas dépasser 25 grammes de sucre ajouté par jour, soit moins qu’une canette de soda. Nos matés sont 40% moins sucrés que les industriels, mais nous voulions aller plus loin. En tant que producteurs, nous avons une responsabilité», estime-t-il.
Et le public est au rendez-vous. «C’est un joli pied de nez à l’industrie qui prétend que l’offre suit la demande», sourit Colin, qui prépare un brevet fédéral de spécialiste en gestion de PME.
« Ancrés dans le réel »
Si le local et le bio progressent dans notre alimentation, «la transition est plus délicate face aux géants de la boisson», poursuit-il. «On tire notre épingle du jeu avec des produits originaux, meilleurs pour la santé et fabriqués localement. Ça sensibilise à plusieurs niveaux», complète son frère.
Pour faire bouger les lignes, il faut du temps et être sur le terrain. «Aller à la rencontre des gens et expliquer notre démarche donne du sens», poursuit-il. Mais convaincre a aussi un coût, et dans un secteur où les financements sont rares, l’équilibre reste fragile. «C’est un métier aux multiples facettes, une acrobatie permanente sans filet», résume l’aîné.
Pour durer, il faut y croire, mais garder les pieds sur terre. «Nous avons beaucoup travaillé et sans les personnes enthousiastes qui nous ont fait confiance, nous n’aurions pas pu nous lancer», conclut Léo Wahli.
Plus d’informations: granomate.ch
