Le Montreux Jazz Festival se joue aussi dans l’assiette

Plusieurs nouveaux stands de nourriture sont dispersés le long des quais lors du Montreux Jazz Festival. Ici, l’équipe du Saoko, de la cuisine fusion japo-péruvienne.  | L. de Senarclens – 24 heures

Nouveautés
Comme chaque année, les différents stands de nourriture sont pris d’assaut par les festivaliers. Un «pop-up fraîcheur» se démarque, tout comme plusieurs découvertes amérindiennes, asiatiques et africaines.

Et vous, qu’allez-vous «poker» ces prochains jours parmi les stands de nourriture du festival? Car Montreux n’offre pas seulement des découvertes musicales et des scènes gratuites, c’est aussi la grosse affluence, le bouchon même, à parcourir les échoppes des cuisines de différents horizons, tout au long du lac. Et les «bowls», justement, ces bols de nouilles ramen et autres spécialités asiatiques ont la tendance.

Pour cette 59e édition, l’organisation du MJF a aussi monté de toutes pièces un restaurant privilégié, le Lido, sur le quai de la Rouvenaz. Cette terrasse couverte se situe à deux pas de la Scène du Lac et dispose de 115 places assises. «On a tablé sur trois mois pour développer ce projet avec le festival», sourit Michael Fessler, chef de cet établissement éphémère, avec son associé Yannick Poffet.

Manger comme au restaurant

Venus de l’événementiel, les deux compères ont fondé l’expérience «Fud Läb». «Dans les fêtes ou les manifestations ponctuelles en Suisse, on s’est aperçus qu’on soigne la scénographie, le décor. Mais la nourriture reste souvent des aliments traiteur de maigre qualité», poursuivent les entrepreneurs. Ici donc, ils ont travaillé des plats à la fois «sur mesure», et «à la mesure» de l’événement. La cuisine qu’ils présentent aux festivaliers est d’inspiration méditerranéenne avec des produits frais. L’aspect «pop-up» de ce restaurant éphémère se veut aussi original.

Michael Fessler et Yannick Poffet s’attendent à servir entre 250 à 300 couverts par jour. Les inconditionnels de Quincy Jones retrouveront également à la carte son assiette préférée, celle du saumon «balik», du cœur de saumon gravlax à la façon du tsar Nikolaï.

Le Lido comprend encore un espace qui peut être privatisé à la demande, ainsi qu’un bar extérieur, où ceux qui n’y auraient pas trouvé de place pourront commander et trouver des plats à l’emporter.

Fumets d’Amérique latine

Pour les festivaliers qui préfèrent manger rapidement et debout, il y a également pléthore de stands. Les empanadas restent par exemple un must. Au stand Andersen, ils se déclinent maintenant en plusieurs sortes de viandes, comme chorizo ou pancetta, mais aussi en «verdure» caprese ou humita – un plat traditionnel amérindien à base de maïs, tomate et fromage –, et même en version dessert pomme.

Les saveurs d’Amérique du Sud ont d’ailleurs la cote, de l’incontournable «Barrio Fino» avec ceviche et lomo, aux tacos mexicains de la «Taqueria Don Vergas». À l’heure où s’ouvre la scène de l’Ipanema, et ses fumigènes, à côté, le fumet carné du grill argentin attire, lui aussi, une longue file d’attente.

Des plats revisités

Un peu plus loin, le «Saoko» est un des nouveaux arrivés qui éveille les papilles. L’échoppe concocte de la cuisine fusion: «péruvienne, par l’origine de mon associé, et japonaise de tradition Nikkei, explique son chef, Yoss Kakinuma. On était surtout actifs dans les restaurants. Et puis, on a participé une première fois au StrEAT food festival, à Vevey. Là, on espère un bon succès».

À la carte, à la fois des Poke bowls de viande ou de poisson, piquants ou acidulés, façon nippone, mais également avec le ragoût ou la sauce péruvienne, des tempuras de légumes, karaage et edamame, sans oublier les mochis glacés.

Presque à côté, les amateurs de ramen, de buns et de gyozas trouveront également l’«Umamido». À signaler aussi les Coréens «Dotori», le «Tibet café» et un nouveau «Santa Arepa» vénézuélien.

Autre continent, autre cuisine populaire, le «Mamafe» africain, ouvert par Kriss Madognia, amène l’originalité de ses buns «revisités» et accommodés avec de la pâte d’arachide et de la sauce africaine, ou de ses frites de manioc.

Avec la chaleur, les gourmands se retrouvent souvent en grappes autour des granités, très appréciés cet été. Dans ces conditions, un manque se remarque. Si les incongrues «hot fondues», crêpes et gaufres trouvent toujours des adeptes, impossible toutefois de dénicher d’artisan glacier ou de glaces véritablement «maison».

GALERIE