Stéphane Montangero sera au service de tous les Vaudois

Le socialiste Stéphane Montangero, nouveau président du Grand Conseil vaudois.  | ARC Jean-Bernard Sieber

Vaud
Le Grand Conseil vient d’élire son président pour l’année 2025-2026, en la personne du député et municipal socialiste de la capitale mondiale du Chasselas. L’Aiglon se réjouit de sa nouvelle fonction pour rencontrer la population.

Attablé au restaurant La Fontaine à Aigle, Stéphane Montangero est salué par des habitants. Deux dames s’arrêtent et le félicitent chaleureusement. Militant de la première heure au chevet de petites ou grandes causes, il a été élu, à 53 ans, pour une année comme nouveau président du Grand Conseil et premier citoyen des 855’700 Vaudois. Fait notable pour l’Est vaudois, il est le premier à accéder à ce statut depuis 2016 et un certain Grégory Devaud, député et syndic d’Aigle. Interview.

Stéphane Montangero, pour une personne impliquée dans le service public depuis plus de 35 ans, accéder au poste de président du Législatif doit résonner d’une manière particulière. Est-ce un aboutissement?

– Je ne sais pas si ce sera le cas. Mais j’en recueille déjà une immense fierté et je considère évidemment cela comme un honneur. Je nourris une grande reconnaissance à l’égard du Parti socialiste et de mes pairs députés pour leur confiance. Je vais exercer ce mandat avec joie et sérieux, guidé par le service que je dois aux Vaudois.

En quoi consiste la fonction de président du premier pouvoir de notre système politique et démocratique?

– Il organise, avec l’aide efficace et inestimable du secrétariat général du Grand Conseil, les débats des séances du mardi et préside le bureau. Il doit trancher sur les priorités des dossiers à débattre et oeuvre en bonne intelligence avec l’Exécutif et le Judiciaire.

Quelles sont ses obligations en termes de représentation? Combien de rendez-vous sur l’année cela représente-t-il?

– C’est évidemment un des aspects importants liés à la fonction, d’autant qu’il peut être aussi sollicité par le gouvernement pour représenter le Canton. Le président doit représenter la population pour des inaugurations, manifestations de tous genres – comme des remises de diplômes. Il s’agit de 250 à 300 rendez-vous sur l’année.

On imagine que vous vous y prêterez de bonne grâce…

– Oui, assurément! C’est surtout l’occasion de rencontrer les Vaudois dans toutes leurs diversités. De prendre le pouls, les écouter, entendre leurs préoccupations, les comprendre, expliquer le fonctionnement de nos institutions.

Le président peut-il influer sur le débat politique?

– Non, il se doit de rester neutre, au-dessus de la mêlée. Il n’y a pas de place ici pour la politique politicienne. Il est au service de tous les Vaudois, sans exception. Et aussi de toutes les institutions vaudoises.

Est-ce qu’il peut mener des actions en faveur de sa Commune, et, par extension, de sa région?

– Non, à l’exception de la journée du président où il place évidemment sa commune et sa région sur le devant de la scène, d’autant que tous les corps constitués du Canton sont ce jour-là présents. Pour moi, ce sera le 2 septembre.

Quels sont les grands chantiers qui seront menés durant votre présidence?

– Il y a d’abord la nécessaire et capitale refonte de la Loi sur l’énergie qui vise à accompagner la transition énergétique du canton. Ce projet devrait nous occuper cinq à sept mardis. Il y aura ensuite les suites du «rapport Studer» relatif au fameux bouclier fiscal, le budget 2026, alors que les comptes 2024 sont dans le rouge, etc.

Pour notre région, quels sont les dossiers importants?

– Principalement, les suites, et on espère les fins, du développement du Plan d’affectation cantonal de Lavaux. Le but est de préciser comment protéger le site, en trouvant un équilibre entre préservation et développement.

Vous conservez votre mandat d’administrateur de la CGN, flotte qui a subi beaucoup d’avaries ces derniers temps. Êtes-vous inquiet pour son avenir?

– Non, pas du tout. Si les ennuis se sont enchaînés, avec beaucoup de malchance, je connais la force de cette compagnie, de son personnel, de son histoire. Je sais aussi que, tant pour le transport public que les aspects touristiques et patrimoniaux, elle est gravée dans le cœur de la population des Cantons propriétaires que sont Vaud, Genève et Valais.

Un parcours bien rempli

Figure bien connue de la politique, Stéphane Montangero est député élu sans interruption depuis 2007. Il représente également le PS au sein de la Municipalité d’Aigle depuis 2021. Né le 17 octobre 1971 au désormais feu hôpital d’Aigle, il est le petit-fils d’un émigré italien et d’un des fondateurs du PS de Bex. Cordonnier de métier, son grand-père paternel vient de Curino, qui compte le village de Montangero, qui signifie «petite montagne». Ses parents étaient enseignants, son père terminant sa carrière comme directeur des écoles d’Aigle.

Gymnasien à Burier, puis étudiant à l’UNIL, le premier des Vaudois a obtenu un Master en administration publique. Sur le plan professionnel, il a été collaborateur personnel de la conseillère nationale Marlyse Dormond et du conseiller aux États Michel Béguelin. Il a également œuvré à divers postes pour l’État de Vaud et comme indépendant.

Parmi ses autres anciennes casquettes, il a été président du PS Vaud, de l’OSEO Vaud, et de la Fondation Mère Sofia. Aujourd’hui, il est principalement député, municipal de sa ville natale et administrateur de la CGN en charge du personnel. «Tout le reste est en stand-by», glisse-t-il en souriant.

Qui est-il dans le privé ?

Travailleur infatigable, curieux de tout, cultivé, militant engagé pour diverses causes, associations ou fondations, Stéphane Montangero dit n’avoir que peu de temps pour ses loisirs, et quelquefois, il le regrette. Une bonne partie de son temps libre est consacré à son épouse, la romancière à succès, Emmanuelle Robert. S’il reconnaît ne pas être un grand sportif, le président aime courir le matin. «J’en profite pour penser à la journée, mettre mes idées au clair.» Il aime aussi arpenter sa ville et ses hauts lors de grandes balades, notamment à Plantour. Et peut-être encore plus la randonnée. Son itinéraire favori le mène dès qu’il peut à la Dent de Valerette. «Là encore, au plus près de la nature, je peux digérer les émotions, faire le point, développer des idées. Et c’est de là-haut qu’on contemple le mieux le Chablais vaudois.» Il aime aussi voyager en Suisse, en France et en Italie.

Stéphane Montangero est fou de bandes dessinées, pas seulement de la «ligne claire» de son enfance. Il a du reste présidé cinq ans BDFIL. Louveteau et scout, il a dédié une partie de sa vie au mouvement: «Une vraie école de vie.»

Stéphane Montangero aime les bonnes choses. Il est président d’Aigle ville suisse du Goût 2025. Dans son verre, le Chasselas «occupe toujours la première place». Juste devant «les rouges tant assemblés qu’en mono-cépage». Avec tout ça? «Ben, une bonne fondue, un plateau de fromages avec du pain artisanal d’ici. Mais encore de la charcuterie AOC, des dips de légumes et quelques fruits.»

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