Chloé Rabac s’envole pour la Norvège

La Bolélande Chloé Rabac s’est qualifiée pour les Championnats du monde U23 en Norvège (17-20 juillet). Elle tentera d’y ramener de bons résultats.  | DR

Athlétisme
La jeune sprinteuse disputera le 100 et le 4x100m en cette fin de semaine aux Européens U23 de Bergen. Une première pour la Boélande.

Citoyenne de La Tour-de-Peilz, Chloé Rabac (20 ans) est l’un des plus grands espoirs du sprint suisse. Elle n’hésite pas à afficher ses ambitions à l’occasion de ses premiers Championnats d’Europe U23 qui démarrent ce jeudi en Norvège. «J’espère atteindre la finale du 100m et avec le relais, on a une belle chance de médaille», lance-t-elle.

Cette dernière discipline lui a valu en septembre dernier aux Mondiaux U20 de Lima au Pérou son plus beau succès au niveau international: les Suissesses avaient décroché la médaille d’argent derrière les incontournables Jamaïcaines. «C’était tellement inattendu, une émotion exceptionnelle.» 

Son ticket sur 100m pour Bergen, Chloé Rabac l’a décroché en signant une course parfaite lors de l’épreuve qualificative disputée récemment à Lausanne. Alors qu’au départ elle ne possédait que le quatrième chrono, elle a remporté l’épreuve en améliorant son record personnel en 11’’50 malgré un vent défavorable. Seules les trois premières étaient qualifiées. «J’étais pourtant assez stressée, mais cela a bien fonctionné.» 

En terres rhénanes

La jeune Boélande a intégré en mars dernier un nouveau groupe d’entraînement basé à Bâle dirigé par l’Autrichien Wolfgang Adler, entraîneur au palmarès déjà bien fourni, et sa compagne Liliane Leimgruber. Chloé Rabac y est la seule sprinteuse. «J’avais besoin de changement, je voulais prendre mon indépendance. Je vis du lundi au jeudi dans un petit appartement là-bas. Assez dur et direct, M. Adler m’explique pourtant tout avec le sourire, surtout que je ne maîtrise pas totalement l’allemand, sourit l’athlète. Tu courras vite quand il le faudra, me répète-t-il aussi souvent. Et c’est exactement ce qui est arrivé à Lausanne.»

Auparavant, la sprinteuse avait passé quatre mois à Macolin dans le cadre du service militaire pour sportifs d’élite avec une septantaine d’autres jeunes champions: «Une belle expérience sur le plan humain! Mais dans cette discipline pleine d’adrénaline, il ne faut pas oublier qu’on ne dépend que de soi, on ne peut pas tricher, il n’y a pas de tactique comme en endurance», note Chloé Rabac.

Dans les pas des Kambundji

À ses yeux, l’exemple des sœurs Kambundji qui figurent dans l’élite mondiale de la vitesse – Mujinga sur 100 et 200m et Ditaji la cadette sur 110m haies – est très stimulant. «Elles prouvent qu’on peut réussir dans ces disciplines sans être jamaïcaine ou américaine. En Suisse, elles poussent toute la nouvelle génération.»

Après ce qu’elle appelle son année sabbatique, Chloé Rabac entamera en septembre des études de psychologie à 50% à l’Université de Lausanne, mais son objectif est de vivre bientôt comme une vraie pro. Quelques sponsors la soutiennent déjà. Bruno son grand-père, ex-footballeur pro, l’a toujours encouragée dans cette voie. «Sur le fond d’écran de mon portable, j’ai une image de lui avec le maillot du club de Rijeka, en Croatie, où il jouait.» 

GALERIE