
C’était en 2004, au temps où l’on parlait encore de «la bulle Internet» sur le marché des entreprises et, aussi, de l’avènement des sociétés de «biotechs», autour des sites industriels chimiques du Chablais valaisan. Né d’une «nouvelle volonté politique cantonale de soutien à l’innovation», cet organe qui peut donner un coup de pouce aux jeunes entreprises est depuis devenu une véritable «institution» de droit public.
Avec le recul, le projet de la Fondation «The Ark» apparaît d’autant plus pertinent qu’il «a permis d’amener une aide ciblée, en particulier dans trois secteurs choisis des technologies de l’information, des sciences de la vie et, maintenant, des énergies renouvelables, où il existait un terreau fertile pour les sociétés», relève Frédéric Bagnoud, son secrétaire général. Parallèlement aux filières des hautes écoles HES-SO et IDHEAP, «le Valais a été le premier canton à mettre en place une véritable structure», qui a ensuite été suivie dans le Jura, puis Vaud et Genève.
Les fonds mis à disposition par «The Ark», pour l’essentiel publics, sont alimentés par le Canton, aussi par certaines Communes partenaires, comme Monthey, mais également par la Loterie Romande, ou proviennent encore d’entreprises et de remboursements des bénéficiaires de cette aide.
Échanges entre générations
L’an passé, ce sont ainsi 34 start-ups et 76 PME valaisannes qui ont bénéficié de conseils, d’accompagnement et de financement de prestations, indique la fondation dans son dernier rapport d’activités. Cela avec un nouveau focus dans les domaines actuels de l’énergie, de la durabilité et de la digitalisation.
Afin de marquer cette année anniversaire, elle a décidé de mettre en avant la jeune génération. Des ateliers d’échanges et d’idées ont ainsi été organisés entre 300 étudiants et les représentants d’une dizaine de PME. Les classes ont eu l’occasion de travailler sur des projets de développement concret pour les entreprises et il en est résulté une vingtaine de vidéos promotionnelles.
Portes de métro chablaisiennes
Mais la fondation ne soutient pas seulement les start-ups. Pour certaines entreprises, cette aide revêt même une importance certaine. Située à Collombey-Muraz, Axama, notamment spécialisée dans la production de portes de métro, en a bénéficié pour équiper, sur les trois dernières années, ses chaînes de trois robots. Des engins servant au collage du verre et de l’aluminium, dont l’un rend possible la manipulation de pièces de plus de quatre mètres carrés.
La machine est également utilisée pour l’assemblage de panneaux solaires. Ce projet, motivé par une recherche d’efficacité, de précision, mais aussi de sécurité renforcée pour ses employés, a permis à l’entreprise chablaisienne de franchir l’étape de l’automatisation. Et ce, loin de remplacer du personnel, puisque, selon Fabian Egli, son directeur, en déléguant les tâches répétitives et potentiellement dangereuses à la machine, les équipes peuvent se concentrer sur des activités à plus forte valeur ajoutée.
