
En 1965, le double champion du monde écossais Jim Clark dans la montée Ollon-Villars avec la Lotus 38 qui lui a permis de gagner les 500 miles d’Indianapolis trois mois avant. | Archives Rétrospective Ollon-Villars
Site Internet, autocollants, goodies, brochure: la Rétrospective Ollon-Villars (ou «Historic Hillclimb» pour l’international) se pare de vert pour sa 9e édition. Mais pas n’importe lequel: le «British racing green», le vert «Jim Clark», celui de la Lotus 38, floquée de sa ligne jaune et du numéro 35, avec laquelle le double-champion du monde, 29 ans à l’époque, avait parcouru les 8,3 km entre Ollon et Chesières le 29 août 1965. C’est le même bolide qui avait permis à l’élégant Ecossais de gagner les «500 miles d’Indianapolis» trois mois auparavant. Celle, enfin, qu’il sera possible de découvrir au Paddock, à Ollon, les 23 et 24 août prochains.
«En 1965, Jim Clark n’était toutefois qu’en démonstration, il n’avait pas pu être classé, sa voiture n’étant pas homologuée pour ce type de course», explique Jean-Luc Ronchi, du comité d’organisation du SMO, pour Sports Motorisés Organisation. Entre un anneau de 500 miles et les épingles en série d’une route de montagne, il y a effectivement un monde.
Le Villardou ajoute une anecdote: «La chose avait été mal communiquée au public à l’époque et certains spectateurs s’étaient offusqués de ce qu’ils avaient pris pour un manque d’engagement de Jim Clark. Bon, il était monté vite quand même!»
Soixante ans plus tard, quasi jour pour jour, c’est peu dire que les organisateurs avaient réussi un sacré coup! Mieux encore qu’en 1962, année de la première venue de Jim Clark sur le tracé chablaisien, sauf qu’alors, il n’était «que» vice-champion du monde et avec toute sa légende à écrire, jusqu’à son tragique décès sur la piste d’Hockenheim en 1968.
«En 1962 au volant d’une Lotus 21 de la Scuderia Filipinetti, il avait fini troisième, derrière un certain Jo Siffert et le vainqueur, Jo Bonnier au volant de la F1 Fergusson 4 roues motrices, reprend Jean-Luc Ronchi. Un an plus tard, l’Ecossais était champion du monde de F1. À Villars, il était venu les deux fois accompagné de Colin Chapman, le génial ingénieur et patron du Team Lotus. C’est un peu comme si Damon Hill était venu avec Frank Williams (ndlr: écurie Williams) ou que Lewis Hamilton passait avec Ron Dennis (ndlr: écurie McLaren)!»
300 bolides d’époque
Comme tous les trois ans depuis 1998, la Rétrospective Ollon-Villars fera revivre l’esprit d’antan, celui d’une course ayant compté pour le Championnat d’Europe, et même du monde certaines années, entre 1953 et 1971. C’était l’époque où les courses de montagne étaient une discipline de premier plan. Le rendez-vous attirait d’ailleurs jusqu’à 40’000 personnes.
La «Rétro» peut se targuer d’en attirer encore quelque 10’000, entre passionnés et curieux, seuls ou en famille. Cette année, ils pourront à nouveau découvrir près de 300 modèles de voitures, monoplaces, motos et side-cars d’époque. Une seule condition est demandée aux propriétaires pour garantir au mieux l’authenticité et l’ambiance d’époque: l’année limite de construction du modèle doit rester antérieure à 1972, même si quelques véhicules hors-séries complèteront les plateaux.
Des aires seront prévues le long du parcours pour le public, avant de pouvoir s’attarder plus tranquillement sur les pilotes, carrosseries et moteurs des bolides à l’arrivée à Villars, à la place du Rendez-Vous. «Certaines de ces voitures sont particulièrement rares et précieuses, un système de surveillance non-stop est prévu», détaille Jean-Luc Ronchi.
Outre plus de dix Lotus de Jim Clark ou modèles identiques, venus directement du Royaume-Uni, s’y ajoutera une palette de Abarth, Alfa Romeo, Alpine, Cobra, Ford Cortina Lotus/GT 40, Jaguar, Porsche, etc. «Perso, j’ai un faible pour la Porsche 908, celle que pilotait Steve McQueen», relève le Villardou.
Des «guests» présents
Outre de belles machines, des personnalités rendront le rendez-vous spécial. Et comme Ollon-Villars, c’est aussi de la moto, plusieurs champions seront sur place. En premier lieu Giacomo Agostini, dit «Le Roi Ago», quinze titres de champion du monde au compteur.
L’Américain Freddie Spencer, alias «Fast Freddie», sera aussi là pour fêter les 40 ans de son double titre moto en 250 et 500 cm3. À noter encore la venue de Rolf Biland et Kurt Waltisperg, multiples champions du monde de side-car.
Enfin, le rendez-vous boyard permettra de se rappeler de François Cevert, toujours détenteur du record de la montée en 3’47’’05! À ne pas essayer de reproduire…
«Rétrospective Ollon-Villars», 23-24 août. Prix d’entrée: 10 frs dès 16 ans.
Élégante brochure
avec concours, 5 frs.
