Le Carnaval des animaux remis au goût du jour

L’Aurora Orchestra en répétition avec la compagnie de théâtre physique et de danse Frantic Assembly.  | Stanton Media

Septembre musical
Du 3 au 14 septembre, la musique classique rajeunira au rythme de la 2e édition du Classic Lab, le nouveau laboratoire créatif du festival. Parmi ses pépites, la fameuse suite zoologique de Saint-Saëns, revisitée.

Sur scène, douze musiciens, un danseur et une narratrice. Une composition inédite pour interpréter une œuvre incontournable. Du langoureux Cygne au féerique Aquarium en passant par la lourde marche de L’Éléphant, les mouvements du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns ont bercé notre enfance. Mais dans «La révolte», jouée par Aurora Orchestra, les instruments naviguent dans une autre dimension et prennent vie. L’ensemble londonien, «né autour d’une table de cuisine, entre amis» au début du XXIe siècle, est réputé pour ses réinterprétations expressives et ses collaborations novatrices, comme avec la chanteuse Björk. 

«Nous voulons innover et briser les barrières pour faire découvrir la musique classique à de nouveaux publics, tout en la gardant au cœur de nos spectacles, explique Harriet Orbell, directrice marketing d’Aurora Orchestra. La musique classique est pour tout le monde et nous voulons le démontrer! Même les musiciens – dont certains jouent professionnellement depuis plus de 20 ans – apprennent encore des choses grâce à nos productions.» 

Un carnaval pour les grands

La première partie du spectacle livre l’œuvre du compositeur français telle qu’on la connaît, ou presque. «Le docteur Frompou, un peu fou, en est le chef d’orchestre, raconte Naomi Frederick, comédienne et narratrice du spectacle en anglais, qui le présentera pour la première fois en français au Septembre musical. Présente sur le bord de la scène, je lis des textes écrits par l’auteure Kate Wakeling, entre chaque mouvement, sans jamais prononcer le nom des animaux. De la même manière que les musiciens les jouent sans les présenter. Un danseur, Christopher Akrill, crée aussi de nouvelles images sur scène.» 

La comédienne, qui a perfectionné son français à Paris, et qui sera bientôt à l’affiche de la troisième adaptation télévisée, très attendue, de la saga des «Forsyte», a eu un plaisir incroyable à participer à l’expérience. «Jane Mitchell, la directrice artistique d’Aurora, a eu l’idée d’explorer cette musique dans un contexte plus adulte, plus sophistiqué. Avec le compositeur Richard Ayres, elle a créé une nouvelle pièce qui imagine ce qui se passe une fois que le carnaval se termine.» Et surtout, tous les instrumentistes bougent durant leur interprétation. C’est la méthode de la Frantic Assembly. Flûtiste flottant ou violoniste couchée, joueur de cimbasso ou percussionniste mouvant, toutes et tous donnent ici de leur personne. «Les musiciens ont beaucoup de courage, souligne Naomi Frederick. Ils ne sont jamais statiques dans cette première partie.»

Goût du cirque

«La seconde partie se veut plus sombre, indique la narratrice. Le docteur Frompou enferme ses instruments dans une prison après la représentation. Les lumières changent. Mais les instruments ont envie d’expérimenter d’autres choses et vont tenter de s’évader… En tant que narratrice, je me retrouve alors au centre des musiciens.» 

«Le compositeur Richard Ayres a choisi de s’inspirer de sa fascination pour le cirque et ce qui se passe après un spectacle bien rodé, détaille Harriet Orbell. Nous aimons créer des collaborations inattendues (avec des artistes de capoeira, des breakdancers, etc.), car c’est là, pour nous, que la magie opère: lorsque de nouvelles perspectives viennent enrichir notre approche.» 

www.septembremusical.ch
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london-fr6811.html
«Le Carnaval des animaux: la révolte», 11 septembre (20h), Théâtre Le Reflet, Vevey.

Les autres découvertes du Classic Lab

Bach in the jungle – de Bach à Piazzolla,
6 septembre (20h), Salle des Remparts, La Tour-de-Peilz

Et si les pièces de Jean-Sébastien Bach rencontraient celles d’Amérique du Sud? Les «Bachianas brasileiras» du compositeur Heitor Villa-Lobos, les «Sonates chiquitanas», créées lors des missions jésuites en Bolivie, ainsi que «Les Quatre Saisons de Buenos Aires» d’Astor Piazzolla démontrent que les œuvres contemporaines et le folklore se marient parfaitement à la musique baroque. Leticia Moreno, violoniste espagnole d’origine péruvienne, interprète ce programme coloré en compagnie de la contrebassiste Uxía Martínez Botana, du pianiste Matan Porat et du multi-instrumentiste Claudio Constantini, qui jouera ici du bandonéon.

Fasten Seat Belts, 14 septembre (18h),
Hôtel Victoria, Glion

N’essayez pas de prendre des billets pour «Bésame Mucho» le 13 septembre: tout est déjà vendu! La tournée d’adieu du duo foufou Igudesman & Joo attire les foules. Il reste néanmoins quelques places pour «Fasten Seat Belts», qui réunit deux violonistes – Aleksey Igudesman et Irina Pak – à la soprano Ekaterina Shelehova, révélée dans l’émission «Italia’s Got Talent» et membre du groupe Era. Il s’agira de la première suisse d’un projet truculent qui invite au voyage. Des débuts compliqués du violoniste à ses virées extraordinaires à travers le monde, on se laisse emporter par la fougue de ce nouveau trio classique.

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