Farandole d’artistes en vieille ville

160 spectacles gratuits donneront vie aux ruelles veveysannes ce week-end.  | FAR J.-C. Durgniat

Vevey
La 31e édition du Festival international des artistes de rue rythmera le centre historique du 15 au 17 août. Au programme: contorsion, marionnettiste et spectacle pyrotechnique ninja.

À quelques jours de la rentrée scolaire, alors que parents et enfants s’affairent à remplir les cartables de cahiers et de crayons neufs, une dernière parenthèse festive viendra prolonger la magie des vacances d’été. Du 15 au 17 août, la 31e édition du Festival international des artistes de rue de Vevey (FAR) promet son lot de surprises. Spectacle pyrotechnique ninja, contorsion, tir-à-l’arc avec les pieds, acrobaties en tous genres, diabolo ou encore hula hoop investiront les pavés de la vieille ville de Vevey. Avec un centre névralgique fidèle à lui-même: la place Scanavin.

Après sa 30e édition l’an dernier, la manifestation née en 1992 poursuit son ambition d’origine. Celle de donner vie au centre historique de la cité vaudoise et à ses commerces tout en valorisant l’art de rue. Olivier Ruchet, vice-président de l’association, se souvient bien des débuts du FAR. Le boucher du coin faisait partie du Groupement des commerçants à l’origine du projet. «La période des vacances était creuse pour les commerçants, c’était une manière de faire vivre cette partie de la ville. Il n’y avait que 5-6 artistes et une petite buvette sur la place Scanavin», se rappelle-t-il. 

Devenu depuis un festival international, le FAR accueille désormais plus de 300’000 spectateurs et compte parmi les rendez-vous incontournables des arts de la rue. Pour preuve, cette année, parmi la vingtaine de troupes sélectionnées, l’Ouzbékistan, le Japon, la Nouvelle-Zélande ou encore Taïwan sont représentés.

Conserver l’âme du FAR

Malgré son succès, l’esprit du festival reste intact. «C’est vraiment bon enfant, les gens ont la banane, il n’y a jamais eu aucune bagarre. C’est ça l’âme du FAR. Un festival humain, accessible et populaire qui permet de sortir de toute morosité», relève Olivier Ruchet. La manifestation repose entièrement sur des bénévoles, qui sont une bonne centaine. «On n’a pas eu les yeux plus gros que le ventre, on est restés humbles par rapport à nos capacités et au fait qu’on a tous notre boulot à côté», souligne le commerçant. 

C’est en couvrant l’événement comme photographe que le président actuel, Luca Carmagnola découvre l’univers du FAR. «Ça m’a tellement plu, il y a une magie qu’il faut vivre pour la comprendre.» Séduit, il rejoint le comité en 2014 avant d’en devenir président en 2017. Un passage de témoin presque naturel, puisque son beau-père a été le premier président de l’association. «S’impliquer pour sa communauté, dans quelque chose qui va au-delà de soi, il y a comme une forme de noblesse», exprime-t-il.

Chapeau bas

Pendant trois jours, 20 groupes se disputeront les Pavé d’or, d’argent et de bronze – clin d’œil au bitume qui leur sert de scène. Chaque troupe déambulera entre les sept scènes et disposera de 40 minutes pour présenter son numéro et espérer séduire le public qui jouera le rôle de jury en votant depuis son téléphone. S’ils ne sont qu’une vingtaine de troupes, ils étaient plus de 400 à envoyer leurs dossiers. «On ne prend jamais les mêmes artistes, on veut du renouveau chaque année», précise Luca Carmagnola.

Cette édition innove avec l’installation d’un petit chapiteau, «Le Kabaret de poche», au bout de la place du Marché, qui accueillera un marionnettiste. Et comme chaque année, devant l’Alimentarium, des ateliers de cirque pour les enfants seront proposés.

Si les artistes sont défrayés et que les lauréats repartiront avec la somme de 1’000 francs, le reste repose sur la générosité du public. Les spectateurs sont invités à vider leurs poches dans le chapeau tendu à l’issue des spectacles. Mais les organisateurs n’ont guère d’inquiétude à cet égard. «Les Veveysans sont généreux, ils se rendent compte et valorisent la qualité des prestations», se réjouissent-ils.

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