
Malgré un plebiscite du Conseil communal, un comité référendaire conteste le projet municipal de mue de la place du Marché. | C.Boillat
Le règlement imposait dans un délai de 30 jours de récolter 1’163 signatures (15% du corps électoral). Le comité référendaire «Contre le retour du <Crapaud fou> mais pour un vrai projet pour tous» y est parvenu. Il a déposé les listes de paraphes – environ 1’400 – ce lundi après-midi au greffe de la Ville d’Aigle. Mené majoritairement par des élus de l’UDC et de l’Entente Aiglonne (EA), il conteste le projet municipal de mue de la place du Marché.
Pourtant, c’est avec un véritable plébiscite que le dessein avait été adopté par le Conseil communal le 26 juin dernier (43 oui et 3 non). Il comprenait donc le réaménagement de la place du Marché, mais encore de la rue Plantour et de l’avenue Chevron, le crédit de construction de 5,9 millions de francs, et la levée des oppositions déposées durant l’enquête publique. Rappelons qu’il s’agit de la deuxième mouture du dossier de rénovation de cet espace public. La première avait déjà été largement écartée via le référendum, par 55% des votants en avril 2024.
En attente de validation
«Nous sommes bien sûr satisfaits par le résultat et le nombre de signatures déposées, car ça n’a pas été facile en plein été en ville. Bien entendu, elles doivent être vérifiées et validées avant qu’une date ne soit fixée pour revoter sur l’avenir de la place et du centre-ville», déclare Marcel-Jacques Bacca, membre du comité référendaire, conseiller communal et président de l’EA.
Quelques personnes se sont plaintes sur les réseaux sociaux que des démarcheurs venaient à domicile faire signer des citoyens pour leur initiative. «Selon mes informations, des personnes ont été engagées et rémunérées, à l’heure ou à la journée, pas à la signature, et sont demeurées sur le perron des maisons ou appartements», précise Marcel-Jacques Bacca.
Aucune plainte déposée
Joint, Nicolas Croci Torti, préfet du district d’Aigle précise que «le porte-à-porte n’est pas interdit pour récolter des signatures lors d’un référendum ou d’une initiative». La seule restriction concerne les bureaux de vote: «Toute propagande ou récolte de signatures est interdite dans les locaux de vote et à leurs abords immédiats.» Le préfet informe qu’aucune plainte n’a été déposée dans cette affaire.
De son côté, l’Exécutif a dit par la voix de son syndic Grégory Devaud «prendre acte du dépôt des signatures dont chaque identité sera vérifiée». La Municipalité en profite pour relever encore une fois que ce projet, revu, «s’est fait de concert avec les groupes politiques, l’Association des commerçants et divers intervenants au travers de multiples séances de travail».
À l’issue du camouflet d’avril 2024, les autorités sont revenues en effet avec un projet beaucoup moins ambitieux, voire grandiloquent, et flanqué d’autres aménagements: retrait des pavés sur les espaces routiers, maintien du stationnement sur la rue Plantour, pose de pavés joints sur les espaces piétons, revue de certains espaces verts, éléments de mobilité urbaine, et donc diminution des coûts.
Les référendaires estiment eux que cette deuxième version était un copier-coller de la première et invoquent un déni de démocratie eu égard le vote sans appel de la première consultation. Il appartiendra donc aux citoyens aiglons de déterminer par eux-mêmes de ce qu’ils veulent pour leur place de ville, et de ses abords pour y accéder. Vraisemblablement le 30 novembre.
