La formation Montreux Libre coupée en deux

Susanne Lauber Fürst siégera désormais avec deux autres élus sur les bancs du PLR.  | LDD

Emmanuel Gétaz, figure tutélaire de Montreux Libre, est confiant pour les prochaines élections.  | Archives 24h

Politique
Quatre élus sur huit quittent le mouvement pour rejoindre d’autres partis. Coup de projecteur sur cette scission – plus ou moins – à l’amiable.

Ce soir, le Conseil communal de Montreux siégera dans une configuration différente de celle connue ces dernières années. En effet, quatre élus de Montreux Libre (ML) – formation qui occupe huit sièges (plus le membre du Centre) dans l’hémicycle – s’installeront sur d’autres bancs. «Avec Vincent Haldi et Yvon Welte nous avons décidé de rejoindre le PLR», annonce Susanne Lauber Fürst. Christian Fürst siégera de son côté en tant que Vert’Libéral.

Dans une information à la presse délivrée le 4 août, les réfractaires expliquent que leur décision «fait suite à une rupture de confiance avec le chef de groupe de ce parti». Il est question ici d’Emmanuel Gétaz, depuis 2005 à Montreux Libre, émanation de Vevey Libre échafaudé deux ans plus tôt par Jérôme Christen.

Malgré la notion de «rupture de confiance» annoncée, Susanne Lauber Fürst ne peint pas le diable sur la muraille. «Je ne veux pas partir en croisade contre Emmanuel, car je lui suis reconnaissante d’avoir insisté pour que je prenne du temps, afin de m’engager dans la politique communale. Notre décision de partir n’a pas été prise à la légère, mais elle est devenue nécessaire.»

Une assemblée mouvementée

Les raisons n’ont pas été explicitement énoncées des deux côtés. Mais, sous-entendu, il se dit que la décision a été précipitée à l’issue d’une assemblée générale le 10 juin. Un peu houleuse, elle devait notamment aborder, quelques mois avant les élections communales, la question des potentielles candidatures à la Municipalité. À la fin du vote, un nombre égal de membres soutenait Emmanuel Gétaz comme Susanne Lauber Fürst. Plusieurs pistes ont été envisagées avant que la cheffe d’entreprise, son mari et leurs deux amis décident in fine de faire sécession.

Figure tutélaire de ML, élu sans discontinuer depuis deux décennies au corps délibérant de Montreux, Emmanuel Gétaz considère-t-il ces quatre défections comme autant de trahisons? «En aucun cas. Ce sont des choses qui arrivent en politique. Malgré leur réélection au comité, l’assemblée générale n’ayant pas tourné en leur faveur sur d’autres points, ils ont décidé tout simplement de partir.»

Pour le cofondateur du Festival de Jazz de Cully, le timing fait que «ces départs ne sont pas graves dans le sens où nous arrivons en fin de législature». Au contraire, il fonde de grands espoirs sur la prochaine. «La population nous a très largement suivis dans nos prises de position sur l’avenir du Centre de Congrès et la préservation des Grands-Prés. Forts de ces résultats, nous viserons à minima le maintien de nos 9 sièges et, qui sait, la conquête d’un fauteuil à l’Exécutif.»

Le PLR satisfait

Susanne Lauber Fürst évoque de son côté un nouvel élan, «alors que j’avais envisagé un bref moment de quitter la politique». Son transfert au PLR lui a redonné des ailes: «Avec ma connaissance du monde de l’économie, mon expérience politique, mon enthousiasme à faire bouger les choses, je sais que je peux être utile aux Montreusiennes et aux Montreusiens. Je suis déterminée à m’engager concrètement pour améliorer leur quotidien.»

Serait-elle la candidate idéale à la Municipalité de Montreux pour le PLR? Le chaînon manquant entre droite et gauche? Surtout si les deux ministres actuels du parti bourgeois venaient, comme on l’entend dans les venelles montreusiennes, à ne pas se représenter.

Président de la section libérale radicale, Olivier Mark n’entend pas mettre la charrue avant les bœufs. «Nous nous réjouissons déjà d’accueillir ces trois nouveaux élus, qui partagent beaucoup de nos idées, et qui ont souvent voté comme nous en plénum. C’est enthousiasmant et positif.» Et le conseiller communal de conclure: «Nos nouveaux collègues renforcent clairement notre section, et c’est de bon augure pour les élections à venir.»