«L’IA et la capacité à s’adapter» sont les clés pour l’avenir

Pour sa renaissance après plus de dix ans d’absence, le Forum économique du Chablais a attiré plus de 300 personnes à la patinoire du Verney de Monthey.  | A. Santos – Forum économique

Forum économique du Chablais
L’événement a vécu sa renaissance à Monthey. Trois tables rondes ont permis d’échanger. Synthèse de ses conclusions, entre optimisme et défis à venir.

Ils étaient 332, précisément, à prendre part mardi dernier à la renaissance du Forum économique du Chablais. L’événement, mort de sa belle mort il y a une dizaine d’années, est de retour sous l’impulsion de trois associations de promotion économique (365 off the rocks, Chablais Région et le Groupement d’entreprises du Chablais) et des deux communes phares Aigle et Monthey.

C’est d’ailleurs dans le chef-lieu valaisan que l’événement a naturellement trouvé sa place, à la patinoire du Verney, au cœur même des Championnats du monde de pumptrack, sur ces infrastructures créées pour l’événement et la population locale, dans une vision pérenne et tout public. «Car une compétition telle que celle-ci est un levier, a expliqué Julien Hess, directeur des Championnats du monde de VTT organisés dans la région. Un levier pour prévoir quelque chose de plus grand, sur lequel capitaliser pour laisser un héritage durable.»

Une vitrine géante

Sport et économie, l’un ne va d’ailleurs pas sans l’autre, comme a voulu le démontrer l’une des trois tables rondes proposées. Didier Défago, directeur général des Championnats du monde de ski 2027 de Crans-Montana, a évoqué d’énormes retombées économiques directes pour le Valais, mais plus encore la vitrine offerte à tout un canton: «On parle de 500 heures de direct, des images diffusées dans le monde entier, sans oublier l’effet réseaux sociaux.» Une promotion d’une valeur de plusieurs millions de francs. 

De même, Grégory Devaud, ancien cycliste professionnel et ambassadeur de la destination Chablais dans le monde du deux-roues, a témoigné de l’importance pour sa commune d’Aigle, dont il est syndic, d’héberger le siège de l’Union Cycliste Internationale. «Cela offre à notre ville un rayonnement mondial, sans compter le personnel de l’institution qui s’installe dans la région ou les grandes compétitions que cela nous permet d’accueillir. Un franc investi, c’est grosso modo 5 francs de retombées pour l’économie locale.»

Le bastion de la chimie

Le secteur chimique, indissociable du Chablais, a fait l’objet d’une autre table ronde. La «volatilité» du marché et le couperet des taxes américaines ont été relevés par tous. Pour Helge Huerkamp, directeur de CIMO, la société qui gère le site chimique de Monthey, la présence de plusieurs entreprises mondiales permet de «lisser la variabilité» et l’objectif reste d’attirer de nouvelles entreprises.

Le président de Monthey Fabrice Theytaz a rappelé que la Ville faisait son maximum pour «mettre en place les meilleures conditions cadres possibles pour les entreprises», comme le démontrent les investissements pour sécuriser la Vièze ou ses efforts pour concrétiser le terminal combiné rail-route et obtenir l’agrandissement de l’École professionnelle intercantonale de chimie, basée à Monthey même.

L’IA, forcément

Pour Chris Wisniewski, cadre chez Mane, active dans le domaine des arômes alimentaires et parfums (8’000 employés dans le monde et un site à Vouvry), la clé tient avant tout dans la capacité à s’adapter et à être flexible. Avec un mot d’ordre: l’intelligence artificielle, sur laquelle l’entreprise française travaille très activement pour optimiser sa production. «On sait que des industries vont disparaître. La vraie question, c’est de savoir à quelle vitesse.»

Le secteur public ne fait pas exception. «Nos projets tournent beaucoup autour de l’IA», a expliqué la conseillère vaudoise Valérie Dittli au moment d’évoquer le thème de l’innovation, volet à propos duquel plusieurs entreprises régionales se sont distinguées (lire ci-contre). «Car une administration plus efficace, a-t-elle continué, cela passe par du gain de temps. Nous sommes d’une part en relation avec l’EPFL sur le sujet et, d’autre part, actifs sur le volet d’un programme de formation du personnel.»

Vincent Claivaz, membre de la direction générale de Groupe Mutuel et président de la Foire du Valais, a conclu en rappelant ce qui, selon lui, demeure l’atout majeur d’une économie saine et dynamique: «Oser.» «Et à ce niveau-là, à entendre tout ce qui s’est dit ici, on peut être envieux de ce qui se passe dans le Chablais.»

Trois régionaux dans le Top 100 des startup

Le Top 100 des startup innovantes a rendu son verdict à Zurich le jour même du Forum économique du Chablais. L’entreprise Mobyfly, productrice de bateaux hydrofoil électriques au Bouveret, se classe 76e. Une autre chablaisienne y figure: la montheysanne Bioscibex, productrice d’un bioreacteur à usage unique qui simplifie et accélère la culture cellulaire grâce à l’automatisation et à des systèmes fermés (81e). La palme régionale revient à la société de La Tour-de-Peilz Limula (plateforme automatisée pour la fabrication de thérapies cellulaires à grande échelle) qui termine 14e. Vaud confirme son rang en termes d’innovation en plaçant 18 sociétés, dont la lausannoise Corintis, avec son système de refroidissement destiné aux data centers, qui décroche la première place! Le Valais compte sept représentants, dont la sédunoise DePoly (recyclage de plastique), vainqueure l’an dernier et qui confirme avec la 2e place.