Kaléidoscope des présences africaines

La Tour-de-Peilz
Célébrer les voix afrodescendantes en Europe et lutter contre le racisme par le verbe: la nouvelle Association Afropean Book Club veut visibiliser et rendre accessibles ces contributions.

Treize récits de vie, treize vécus différents. Si toutes ces histoires se déroulent en Suisse, l’autre point commun, c’est l’origine des auteurs. Premier ouvrage de l’association boélande, «Constellations afropéennes: 13 portraits intimes de personnalités afrodescendantes suisses» parvient à tisser une multitude d’expériences en une tapisserie hybride, qui révèle la présence et l’héritage africains en Suisse. 

Co-édité par Aïcha Besser, Myriam Koné et Daniska Tampise Klebo, sous le label Afropean Book Club, ce livre militant se trouve à la croisée du récit de vie et du témoignage, et décrit les blessures du racisme anti-Noirs, mais aussi les espoirs et la fierté des origines.

Selon Daniska Tampise Klebo, la membre fondatrice et directrice de l’association nouvellement créée, ce livre permet de combler une lacune dans le champ littéraire. «Si les plumes afro-américaines ont un écho plus important outre-Atlantique, la présence afrodescendante est plus discrète et confidentielle dans le champ littéraire européen.»

Visant à faire connaître les œuvres d’auteurs d’origine africaine, l’association est le fruit de longues années de recherche. Et souhaite endosser tour à tour le costume de maison d’édition, de club littéraire ou de curateur d’exposition. «Nous voulons faire exister un lieu pour la lutte contre le racisme, explique la Boélande originaire de la République démocratique du Congo. Cette valorisation culturelle passe par la publication de romans, des événements culturels et l’enrichissement d’une base de données sur les écrits de ces personnes.»

Cosmogonie afropéenne

Si l’association ne cherche à publier que des auteurs aux racines africaines, le club littéraire, lui, est ouvert aux lecteurs de tous horizons. Une manière de transmettre au plus grand nombre des écrits parfois méconnus du grand public ou boudés par les maisons d’édition.

«Étant issue d’un pays où la littérature orale détient une place très importante, je suis heureuse de pouvoir perpétuer l’œuvre de mes ancêtres par la création de cette association et la diffusion de la littérature afropéenne», explique celle qui se définit comme artiste-chercheuse.

Daniska Tampise Klebo, par ailleurs assistante doctorante à l’Université de Neuchâtel, a grandi dans l’émulation culturelle et la fierté de ses origines. «J’espère que la mise en lumière des écrits afrodescendants et de celles et ceux qui les portent contribuera à la visibilisation de la présence africaine en Europe et donnera à nos enfants la fierté de leurs racines.»

À l’avenir, l’association espère voir la fondation d’une bibliothèque spécialisée sur nos rives lémaniques, à l’image d’un sanctuaire littéraire. «Idéalement, j’adorerais voir la création d’une antenne dans mon pays d’origine, la République démocratique du Congo!»