Le BBC Troistorrents prêt pour son grand retour en Europe

Le club fête ses 40 ans et disputera ce jeudi 18 septembre la Coupe d’Europe pour la deuxième fois de son histoire.  | BBC Troistorrents

Basketball
Première rencontre face aux Tchèques d’Ostrava demain au Reposieux de Monthey. Ce match aller des qualifications de l’EuroCup marquera aussi les 40 ans du club des Chorgues.

Le BBC Troistorrents représente un village d’à peine 5’000 habitants, ce qui ne l’empêche pas depuis belle lurette de tutoyer le sommet du basket suisse, Nyon, Genève ou Elfic Fribourg. Le club fête ses 40 ans cette année et, comme un symbole, l’équipe disputera, pour la deuxième fois de son histoire, la Coupe d’Europe.
Les Bas-Valaisannes ont décroché leur ticket en se hissant en début d’année en finale de la Coupe de la Ligue, battues lors du dernier match par Elfic Fribourg. «Contrairement au foot, disputer une Coupe d’Europe de basket coûte plus qu’elle ne rapporte pour un club suisse. C’est pourquoi, même qualifiés, la plupart renoncent. Nous avons décidé d’y aller, comme un cadeau d’anniversaire. Et on sent un joli engouement monter dans la région», relève Xavier Mottet, président du club depuis 2023.
Après avoir joué l’Euro en juin avec l’équipe nationale, Nadia Constantin, une des figures du basket valaisan, vivra un deuxième grand événement en quelques mois. «Je suis super excitée. Pour moi et pour la plupart des filles, ce sera une première en Coupe d’Europe. J’espère qu’il y aura plein de monde pour nous soutenir.» Même enthousiasme chez la coach française Emilie Duvivier, qui entame sa deuxième saison à la tête de l’équipe. «C’est un événement exceptionnel, on va en profiter à fond!»
Alors que le championnat ne reprend qu’à la fin du mois, l’équipe prépare déjà cette échéance depuis plusieurs semaines. «Contre Ostrava, ce sera du 50-50, entre deux équipes de même niveau», estime le président. En cas de victoire, Troistorrents affrontera en phase de groupe des adversaires d’un tout autre calibre: les Espagnoles de Baxi Ferrol, finalistes la saison dernière, Benfica Lisbonne et une équipe polonaise.

L’équilibre du sport de haut niveau
Au BBC Troistorrents, seules les étrangères sont professionnelles. Leur sélection détient un rôle crucial dans le basket suisse. «C’est la coach qui s’en charge à partir de vidéos de statistiques et selon le budget alloué, soit 5’000 francs par mois par joueuse, notre budget global se montant à 250’000 francs», précise le président.
Pourtant aucune garantie n’existe. Voilà deux ans, une nouvelle recrue ne s’était pas présentée et une autre s’était volatilisée en pleine saison. «Il y a toujours une part de risque, poursuit Xavier Mottet. Par exemple, les Américaines qui débarquent en Suisse quittent souvent leur pays pour la première fois, et l’acclimatation n’est pas toujours facile.»
En revanche, toutes les Suissesses étudient ou travaillent. La capitaine Alice Maurer est d’ailleurs infirmière à 100%. «Je travaille de 7h à 16h30 et on s’entraîne quatre soirs par semaine de 19h à 21h30, même si, avec mes horaires irréguliers, je rate des séances.»

Un contingent «étoffé»
Seulement 5e lors du dernier championnat, le BBC Troistorrents s’est renforcé pour cette nouvelle saison, avec l’apport de trois nouvelles étrangères (une Américaine, une Slovène et une Française). «Elles apportent plus de vitesse à notre jeu», relève Alice Maurer, la capitaine, ex-joueuse de Blonay.
Deux jeunes espoirs de l’équipe suisse des M20 sont aussi venues enrichir un contingent qui est passé de 8 à 11 joueuses. «La saison dernière, après un super début, nous nous étions effondrées à force de trop tirer sur la corde. Avec ce contingent plus étoffé, nous pouvons mieux travailler, jouer des 5 contre 5 à l’entraînement», se réjouit Emilie Duvivier. Le président espère titiller les éternels cadors du championnat, Nyon et Elfic Fribourg. Le titre? «Rien n’est impossible», glisse-t-il.