«On est les oreilles et les mains facilitatrices du quartier»

La Maison de quartier Jaman 8, située à Clarens, a fêté ses dix ans d’existence ce week-end. | L. de Senarclens

Montreux
Depuis une décennie, la Maison de quartier Jaman 8 réunit, sous son toit à Clarens, les habitants de la commune. Ce tiers-lieu, célébré le week-end dernier, ne désemplit pas année après année.

«Il s’agit d’être à l’écoute des besoins réels des habitants – pas de ceux que l’on suppose à leur place, mais de ceux qu’ils expriment eux-mêmes», défend Karim Boukhaf, coordinateur-animateur à la Maison de quartier Jaman 8.
C’est sur ce principe qu’a été bâti le projet, inauguré en 2015. Mais son origine remonte en réalité bien plus loin. Déjà en 2004, l’ouverture temporaire d’un centre de loisirs à Clarens avait mis en lumière un manque criant: celui d’un lieu de rencontres. «On s’est vite rendu compte qu’il fallait un espace pour se réunir, notamment pour les mamans allophones», assure Simon Smith, chef de service de la cohésion sociale, des familles et de la jeunesse à la Commune de Montreux.
Aux côtés de Julien Jaunin, animateur à Jaman 8, il est l’un des initiateurs du projet. Mais c’est en 2009 qu’il prend un nouvel élan grâce au programme urbain «CLARENSemble». «On a monté un groupe de citoyens pour définir la conception et le fonctionnement de la Maison. Ça a pris du temps, il y avait beaucoup d’avis, il fallait en dégager le bien commun», se souvient Simon Smith.
Le bâtiment est finalement construit quelques années plus tard et la Maison ouvre ses portes en 2015. À ce moment, le collège Vinet — situé juste en face — manquait cruellement de place. Deux étages seront alors consacrés à ses classes. «Ça crée une dynamique intéressante, explique Karim Boukhaf. Certains mangent à notre réfectoire à midi, et l’après-midi ils jouent au centre de loisirs et il arrive que leurs mamans suivent des cours de français par exemple.» Depuis cette période, ce tiers-lieu socioculturel ne désemplit pas. «On est les oreilles et les mains facilitatrices du quartier», glisse l’animateur.

Comme à la maison
Simon Smith ne cache pas sa satisfaction face au chemin parcouru. Le chef de service souligne notamment l’investissement de son acolyte: «C’est Karim qui a insufflé l’esprit. Il l’a fait vivre, soigné, arrosé, mis du soleil.» De telle sorte que «certains voient cette Maison comme la leur».
C’est le cas de Tamara Ménétrey. La Clarensienne a fréquenté Jaman 8 dès son ouverture, alors âgée de 14 ans. «J’y allais tous les jours après l’école, ça me permettait de me ressourcer.» Rencontrant des difficultés à l’école, elle bénéficiait des aides aux devoirs. Aujourd’hui encore, la stagiaire employée de commerce, retourne rendre visite aux animateurs, jouer avec les enfants et filer un coup de main pour les manifestations. Ce week-end encore, à l’occasion des célébrations, elle n’a pas manqué le rendez-vous. «Déjà dix ans… C’est beaucoup d’émotions!»

Transversalité des secteurs

Jaman 8 est composée de trois secteurs, l’APEMS «La Devinette» (accueil pour enfants en milieu scolaire) pour la réfection, le secteur «Pour tous» et sa vocation intergénérationnelle avec des activités variées (cours de français, yoga, films), et le centre de loisirs «La Virgule». Le secteur «Pour tous» réunit en moyenne 143 personnes chaque jour. À ajouter des permanences telles que Info-conseil Migration ou une pour les victimes de violence domestique.

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