
L’initiative entend ralentir la fièvre immobilière qui fait rage depuis plusieurs années. | C. Dervey – 24heures
Freiner les constructions grâce à l’instauration de «zones réservées»: c’est ce qu’ambitionne une initiative populaire lancée à La Tour-de-Peilz (voir édition 221, 24.09.25). Déposé fin septembre, ce texte en faveur d’une «densification raisonnable» vient de franchir une première étape importante. La semaine dernière, la Municipalité a en effet indiqué qu’elle autorisait la récolte de signatures.
Dans son communiqué de presse, l’Exécutif boéland explique avoir sollicité l’avis de son avocat et du Canton pour évaluer la conformité du texte avec le droit supérieur. «D’après ces analyses, la mise en œuvre de zones réservées est très peu probable, explique-t-il. La LAT garantit la stabilité des plans d’affectation pour environ 15 ans, sauf changement majeur des circonstances.» Le Plan général d’affectation (PGA) actuel date de 2019.
Ces «doutes juridiques» auraient pu précipiter l’initiative dans la corbeille à papiers. Il n’en est rien: une majorité de la Municipalité a souhaité «donner la priorité au respect des droits démocratiques et laisser la population s’exprimer». Et d’avertir tout de même: «Même en cas d’acceptation de l’initiative, son application serait quasiment impossible dans le cadre légal actuel.»
Collégialité brisée
Un feu vert que conteste sans détour Alessio Grutta. Rompant la collégialité, le municipal PLR a publié un communiqué de presse dans lequel il dit «prendre ses distances» avec la décision de la Municipalité. «J’ai constaté que le texte des initiants mêlait deux niveaux hétérogènes: une mesure conservatoire, soit les zones réservées, et une révision matérielle du PGA, expose ce juriste. Ce mélange de niveaux viole le principe de clarté et d’unité de rang.» Pour cette raison notamment selon lui, l’Exécutif aurait dû déclarer l’initiative comme nulle.
Du côté des initiants, c’est un premier pas qui donne évidemment le sourire. «Nous sommes ravis de voir que la Municipalité accepte que le peuple puisse se prononcer», dit Jérôme Bonvin, membre du comité.
Et le caractère a priori «inapplicable» du texte ne refroidit en rien son enthousiasme. «Si je vois le verre à moitié plein, l’Exécutif parle d’une application quasiment impossible, relève le conseiller communal vert’libéral. Ce qui signifie qu’il pourrait tout de même y avoir une chance. Nous avons une évaluation plus positive de la situation. La volonté populaire pourrait faire changer les choses.»
La récolte de signatures commence aujourd’hui. Le comité d’initiative aura jusqu’au 22 janvier pour réunir 1’376 paraphes, ce qui correspond à 15% du corps électoral boéland.
