
Situés «En Grandchamp», ces 11’000 mètres carrés sont plantés de Chasselas et de Gamaret. | R. Brousoz
De «bonnes parcelles», facilement accessibles et sans murs à entretenir… À en croire certaines voix, ces 11’000 mètres carrés de surfaces viticoles actuellement en vente à Blonay n’auraient que des qualités. Situées en bordure de l’A9 et plantées de Gamaret et de Chasselas, elles font aussi honneur au vignoble de Lavaux, auquel elles se rattachent.
Autant de raisons qui, fin septembre, ont poussé Cécile Vouilloz à interpeller la Municipalité de Blonay-Saint-Légier: pourquoi la Commune ne rachèterait pas ces deux parcelles contigües? «Qu’elles servent à produire du vin communal ou qu’elles soient louées, l’objectif est qu’elles restent à disposition des vignerons locaux, et non pas qu’elles soient vendues à n’importe qui pour être laissées à l’abandon», explique la conseillère communale de l’Union Citoyenne.
Une suggestion qui a visiblement éveillé l’intérêt de l’Exécutif. Ce dernier a annoncé que des «contacts étaient actuellement en cours avec le propriétaire» des terrains.
Éviter la spéculation
Des Communes qui rachètent de la vigne? «Ce n’est pas courant, mais ça risque de le devenir», prévient François Montet, président de la Fédération vigneronne vaudoise. «Vu la situation difficile que connaît la viticulture, les abandons de parcelles vont se multiplier.»
Et pour cause, plus de la moitié des surfaces viticoles vaudoises ne sont pas exploitées par leurs propriétaires, mais par des vignerons locataires et des tâcherons. Face à la baisse de la rentabilité, ces derniers devront sans doute réduire la voilure. «Résultat: les parcelles non travaillées vont se multiplier et leurs propriétaires – qui ne sont pas forcément du métier ou de la région – seront tentés de les vendre.»
Actuellement, le mètre carré se négocie entre 15 et 25 francs. «C’est ce qui s’est pratiqué ces cinq dernières années, un prix qui fait référence auprès du Fonds d’investissement agricole.»
À ce tarif, pas impossible que ces parcelles soient rachetées par des gens extérieurs à la profession, dans l’espoir de les voir sortir un jour de la zone viticole et devenir, pourquoi pas, constructibles. «À une époque, les collectivités achetaient des vignes pour avoir une réserve de vin. Désormais, ce serait davantage pour conserver un patrimoine entretenu et éviter les spéculations.»
Actuellement, la Commune de Blonay-Saint-Légier détient quelque 10’000 mètres carrés de vignes. Avec cette acquisition, elle doublerait sa surface viticole.
