
Le réaménagement de la place de jeux du Marché couvert permettre de doubler sa superficie. Petits et grands pourront se divertir en été 2026 sur près de 636 m². | labac architectures et espaces chantiers / Bimbo
«C’est un aboutissement! Après huit ans, cette place va enfin répondre aux besoins des enfants et des familles montreusiens!» Le PLR Olivier Muller était soulagé mercredi dernier lors de l’acceptation d’un crédit de 740’000 francs pour donner un bon coup de neuf à ce lieu emblématique de la commune.
Il avait en effet déposé plusieurs objets devant l’assemblée depuis 2017 pour que les lignes bougent. À savoir: un postulat demandant un état des lieux et des perspectives à court et moyen terme pour les aires de jeux sur l’ensemble du territoire (ndlr: il y en a 34), ainsi qu’une motion plus spécifique sur celles du Marché couvert et de la Rouvenaz.
Il en ressort finalement un projet d’agrandissement et de rénovation de la première des deux, autour de la musique. Un thème loin d’être choisi au hasard, Montreux étant reconnue depuis novembre 2023 comme cité «de musique» par le réseau des villes créatives de l’UNESCO.
Cet espace qui verra sa taille doubler – de 316 à 636 m² – se veut multigénérationnel et sera organisé autour de sept scènes: les vents, les cordes, les percussions, la danse, la scène du lac, le son, et les jeux d’eau.
Peut mieux faire?
Parmi les éléments, on retrouvera la star des places de jeux, le toboggan – qui sera cette fois-ci musical – une balançoire-saxophone à panier, des «music tubes» et un carillon, des percussions et des djembés, un gramophone géant, ainsi que des porte-voix en forme d’instruments. Le bureau d’architecture mandaté pour l’étude s’est inspiré en partie de plusieurs ateliers participatifs auprès d’enfants âgés de 6 à 9 ans pour dessiner cette place.
Pour plusieurs conseillers communaux – qui accueillent positivement la démarche – ce projet laisse toutefois un petit goût d’inachevé. «Je crains que la musique ne soit pas l’intérêt premier des enfants. Je cherche également un toboggan coloré et sinueux sur la maquette, mais ce n’est malheureusement pas ce que je vois, note Pierre Loup (da.). Je salue par contre la plantation de trois nouveaux arbres qui apporteront une surface d’ombrage appréciable.»
Vincent Haldi (PLR) va plus loin. Contrairement à la majorité de son groupe qui soutient ce réaménagement, il dit regretter surtout le morcellement du périmètre de la Rouvenaz. «Il y a un manque d’ambition, il aurait fallu faire une étude pour l’entier de la zone, afin d’éviter de réaménager ces secteurs les uns après les autres.»
Le Libéral-Radical Bernard Tschopp, lui, s’inquiète de voir disparaître les palmiers actuels comme prévu par ce réaménagement. «C’est vrai que certaines essences sont envahissantes. Mais on n’est pas obligés de tout enlever. Les palmiers, c’est le soleil! Ils font partie de l’identité montreusienne.»
Mettre fin au temporaire
Des voix défendent davantage la proposition du soir. «Cette place est centrale pour les familles, mais aussi pour les visiteurs. Elle propose des aménagements sécuritaires et accueillants», se réjouit Tanya Bonjour (PS).
«Ce sera un endroit précieux pour être ensemble. Les parents pourront poser leurs téléphones et la musique est certainement une bonne idée. En tant que musicien et papa, je peux vous assurer qu’elle favorise la créativité, l’ouverture d’esprit et aide les enfants dans leur développement», rebondit Christian Fürst (Vert’Libéral-alliance PLR).
Enfin, le socialiste Romain Pilloud répond aux diverses critiques formulées dans la salle. «Pour les palmiers, ils font historiquement partie de Montreux, mais ils sont reconnus comme nuisibles. Au Tessin, ils sont même interdits depuis plusieurs années, car ils colonisent progressivement les sous-bois. Avec le réchauffement climatique et la montée des essences, il faudrait peut-être commencer à y renoncer.»
Quant au manque d’ambition du projet, il rappelle que «le grand projet initial comprenant la Rouvenaz relevait d’une certaine époque de gigantisme
de notre
Commune. Parfois il faut savoir rester plus modeste. Cette nouvelle aire de jeux remplace celle qui était temporaire depuis 8 ans (ndlr: à la suite d’un incendie). Il faut savoir aller de l’avant!» Ce que font les élus en acceptant le préavis à la majorité.
Les travaux pourront donc débuter dès janvier, une fois Montreux Noël terminé, et s’étaleront jusqu’en avril 2026. À noter que les jeux de la place de la Rouvenaz resteront eux en service jusqu’à la fin de la belle saison 2026. Ils seront ensuite démontés en automne pour laisser place à un espace revégétalisé.
