Un jeune homme sur les rails de son rêve

La sculpture de 14 mètres, réalisée devant le chalet familial à Chesières, s’illumine une fois la nuit venue. Une magie à découvrir en vidéo ci-contre.  | P. Genet

Ollon
Amoureux des parcs d’attraction et des Alpes, Can Arcan, 21 ans, a réalisé à Chesières une construction entre œuvre d’art et montagne russe.

Ce n’est pas la plus spectaculaire, mais c’est sans conteste l’une des attractions d’Europa-Park dont toutes et tous se souviennent, et l’une des premières que les écoliers expérimentent lors de leur venue à Rust, en Allemagne: le fameux «Bob suisse». 

Grand fan de l’institution allemande, découverte à l’âge de 8 ans – au point de s’y rendre pas moins de 60 fois en 2025 – Can Arcan, 21 ans aujourd’hui, a réalisé devant le chalet familial, à Chesières, un hommage à sa passion pour les parcs d’attractions et à son amour pour les Alpes suisses. Son nom: Swiss Alpine Vortex. 

«J’ai construit cette structure de 3 mètres de haut et 14 mètres de long entièrement seul, sans plans préalables, en improvisant avec quelques outils; j’ai ensuite pu la tester une centaine de fois à bord du wagon que j’ai également fabriqué», nous explique-t-il. 

Si le wagon est aujourd’hui au garage pour révision, l’œuvre d’art – «je vois plus cela comme une sculpture que comme une montagne russe» – n’en attire pas moins les regards des promeneurs et a même eu droit à un article sur le blog d’Europa-Park et à une visite, l’an dernier, d’une école privée de Lausanne. 

«Je pensais que les gens seraient plus critiques, mais ils s’arrêtent beaucoup et mes créations (ndlr: Can Arcan expose également une maquette de grand huit complet) plaisent à beaucoup de monde. Quelqu’un m’a même dit que cela lui faisait penser à du Tinguely. C’est vrai que je suis très inspiré par cet artiste… et qu’il travaillait aussi à l’origine avec des matériaux de récupération.» 

Un message à transmettre

Si la structure portante de l’installation construite par le jeune homme est constituée de piliers de balançoire, les rails de bois viennent eux du rayon bois d’une grande enseigne. «Quand je prenais le bus avec mes planches, les gens me regardaient avec un air intrigué; et c’est vrai qu’à l’origine, je ne sais pas visser deux bouts de bois», rigole l’étudiant, qui suit actuellement des cours en ligne pour passer le bac français. 

Assis sur un fauteuil du salon familial face à Yonca, la maman, son papa, Dogan, nuance. «Il a des capacités manuelles. Il est allé voir le menuisier, il a parlé avec des gens du terrain; c’est comme ça que l’on comprend les choses.» Des professionnels qui, selon Can, n’ont pas manqué de montrer une certaine circonspection lorsqu’il leur a fait part de son projet. «Ils m’ont dit que je n’y arriverais pas. Mais j’avais vraiment envie de transmettre un message: on peut réaliser ses rêves avec parfois des moyens très modestes», souligne cet artiste qui n’aime rien tant que cultiver les contrastes – son image de bricoleur en chemise-cravate n’en est qu’un parmi d’autres. 

Ses rêves à lui se sont matérialisés très tôt, lorsque vers l’âge de 8 ans, il a commencé à créer ses propres parcs d’attraction. En carton, pour commencer. Et puis sur le papier. «Je dessinais sans arrêt le parc de mes rêves, je déchirais les pages de mes cahiers d’anglais, d’allemand, de maths, pour faire mes croquis», explique ce fan de Walt Disney. Le nom initial, «Kultura Park», n’est pas resté, mais la passion a pris de l’ampleur. «À 14 ans, j’ai eu envie de faire quelque chose de plus concret que mes parcs en carton…» 

Avenir entre art et technique

Ordinateur, imprimantes 3D ont alors pris le relais, pour porter le jeune surdoué un peu plus loin, un peu plus haut, et lui permettre de mettre en scène dans son Swiss Alpine Vortex, en vidéo notamment, son amour de l’art, du cinéma, de l’architecture (voir code QR ci-dessous). 

«C’est sa passion. On cadre les choses, comme tous les parents, mais on respecte ses choix, note son papa. On n’a qu’une vie; il faut qu’il puisse s’éclater par rapport à ça. Pour nous, ce qui était important, c’était de le laisser réaliser des choses, de lui donner les moyens et le temps pour qu’il comprenne ce qu’il fait.» 

«Rien ne me rend plus heureux qu’être en cours la journée et pouvoir me consacrer à cette passion le soir», enchaîne «Arkane» – son nom d’artiste. Son rêve ultime? «Avoir un parc artistique, exposer dans des parcs publics et travailler pour Europa-Park à côté…». Il semble sur la bonne… voie.

Plus d’infos: Le travail de Can Arcan en vidéo.
www.youtube.com/watch?app=desktop&v=N7ygwfSFJ1Q

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