Le Speed Recruiting n’en finit plus d’inspirer

Quelque 200 jeunes se sont confrontés aux recruteurs de 45 entreprises du Chablais mercredi dernier à Aigle, lors du 5e Speed Recruiting.  | K. Di Matteo

Aigle
À sa 5e édition, le modèle de Plate-Forme Jeunesse est reproduit ailleurs et Montreux réfléchit à se joindre aux Chablaisiens dès l’an prochain.

Certains donnent l’impression d’être un peu là contre leur gré, mais la grande majorité transpire la tension et la détermination. Les 200 élèves de 11e année du Chablais vaudois qui ont participé mercredi dernier à la 5e édition du Speed Recruiting n’étaient pas venus pour faire semblant. Dans les 45 boxes, les questions ont fusé, tant du côté des démarcheurs que des candidats à une place d’apprentissage. «Ce n’est pas qu’un exercice théorique, on est dans la réalité», lance Anna Russo, répondante entreprises et cheffe de projet à Plate-Forme Jeunesse, à l’origine du modèle.

Au bout des trois entretiens de 8 minutes qu’ils ont passés entre 17 et 20h, ils avaient bien l’intention de décrocher une place pour l’été prochain. Certains ont amené des dossiers impressionnants, qui son book d’architecture, qui son CV des plus élaborés. 

«Les deux que je viens d’entendre étaient impressionnants, je les embaucherais tout de suite, lance Géraldine Grau, de Grau Electricité à Monthey, un secteur où les apprentis sont une denrée toujours trop rare. 

«Nous en avons engagé un l’an dernier grâce à cet événement, explique pour sa part Maud Briand, responsable de la formation initiale à l’Hôpital Riviera-Chablais. L’objectif principal est de leur donner la possibilité de faire des entretiens, mais nous sommes à la recherche d’ASSC (ndlr: assistants en santé et soin communautaire) et s’ils font bonne impression, je les invite pour un entretien à l’hôpital.»

Renens, Montreux
et ailleurs

En près de cinq ans, le concept mis sur pied en 2021 par Plate-Forme Jeunesse dans les locaux du collège de la Planchette à Aigle a ainsi prouvé son utilité. À tel point que plusieurs autres plateformes d’insertion de jeunes l’ont reproduit. «L’association Mobilet, à Renens, qui a repris notre concept, organise son Speed Recruiting ce soir aussi», exemplifie Frédéric Abbet, directeur de Plate-Forme Jeunesse. 

«Nous sommes parvenus à fidéliser les entreprises et la collaboration avec les écoles s’est intensifiée, ajoute Anna Russo. Nous avons été approchés par plusieurs directions scolaires hors Chablais, dont celle de Montreux, qui réfléchit à envoyer certains de ses élèves au Speed Recruiting d’Aigle dès 2026. L’événement jouit d’une belle reconnaissance régionale.»

Frédéric Abbet espère pouvoir encore enrichir le panel d’entreprises présentes dès la prochaine édition. «Il faudrait davantage de représentants du multimédia, de l’informatique et des bureaux d’architectes, des secteurs qui connaissent une pénurie d’apprentis.»