
Le «moment de recueillement et de solidarité» organisé vendredi au temple Saint-Martin lors de la journée de deuil national et en parallèle de la cérémonie de Martigny a permis aux Veveysans d’avoir une pensée particulière pour Nouran et Rozerin. | N. Desarzens
Le cœur de Vevey saigne après l’incendie du 1er janvier au Constellation à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 40 personnes et fait 116 blessés. Deux de ses enfants, Nouran* et Rozerin*, 18 ans, sont dans un état grave, voire critique. L’émotion était particulièrement vive vendredi lors du «moment de recueillement et de solidarité» organisé par la Ville au temple Saint-Martin, en parallèle de la cérémonie organisée en Valais à Martigny.
Même si Nouran n’habite plus Vevey, elle y a effectué toute sa scolarité qu’elle a terminée en 2023, avant de poursuivre une formation artistique. Quant à Rozerin, elle habite Vevey et était gymnasienne jusqu’à l’été dernier. «Elles sont très bonnes copines, a appris Laurie Willommet, municipale des écoles, qui est en contact avec les familles et recoupe les informations qui lui parviennent au compte-goutte, notamment via le Département de l’enseignement et de la formation professionnelle. Nous avons tous été bouleversés.»
Laurie Willommet ajoute que même si les deux victimes ne sont plus scolarisées, un soutien psychologique et un espace de recueillement ont été prévus dans les écoles veveysannes pour des élèves qui en ressentiraient le besoin.
Nouran a été transférée à Zurich, où sont encore traités les derniers cas les plus lourds, Rozerin à Liège, en Belgique (et non pas à Bruxelles, comme écrit dans notre dernière édition). «La priorité est d’assurer un soutien minimum aux familles, notamment pour certaines démarches administratives, et de leur être aussi proche que possible, avec toute la retenue qui s’impose, continue l’élue. Je suis en contact avec le papa de Rozerin, qui est auprès de sa fille. On essaie de répondre aux questions, notamment sur les assurances, ou comment récupérer des affaires de sa fille.»
De vraies cagnottes
Au lendemain du drame, deux cagnottes ont été créées pour les familles les 2 et 4 janvier, via la plateforme “happypot.ch”, pour «que l’aspect financier ne soit pas un poids supplémentaire à leur immense douleur», lit-on sur le site. Depuis, de nombreuses contributions ont alimenté ces fonds.
«De manière générale, nous avons été impressionnés par l’élan de solidarité qui s’est constitué, notamment pour loger les parents à Liège ou à Zurich, relève encore l’élue. Nous n’avons même pas réussi à répondre aux centaines de propositions qui nous sont parvenues!»
L’existence de ces cagnottes, largement partagée sur les réseaux sociaux, a fait craindre à des arnaques, surtout au moment où les identités des victimes n’étaient pas connues ou incertaines. Or, il n’en est rien, Laurie Willommet s’en est assurée au moment de relayer elle-même l’information.
Par ailleurs, la municipale s’emploie à partager l’information au sein de son réseau et même au-delà: «J’essaie de mobiliser des influenceuses pour que l’appel aux contributions soit très large. L’objectif est que les familles puissent recevoir rapidement la plus grande aide financière possible, car c’est maintenant qu’elles en ont le plus besoin.»
Deux amoureuses de la vie
Dans les textes de la plateforme en ligne, on apprend que Nouran est «passionnée et dotée d’un talent reconnu pour la danse, le théâtre et la musique», qu’elle «croquait la vie à pleines dents et mettait ses talents au service des autres». Quant à «Roze», «cette passionnée de sciences [qui] s’apprêtait à passer sa maturité fédérale», elle aime depuis toujours «aider les autres, résoudre les problèmes, soutenir, c’est comme ça qu’elle imagine sa place dans le monde: donner, être utile, faire du bien».
*noms de famille connus de la rédaction

"Nous avons été impressionnés par l’élan de solidarité qui s’est constitué, notamment pour loger les parents à Liège ou à Zurich”
