
Le bras de fer autour de ce chemin – qui partirait de La Becque (ci-dessus) – promet d’être encore long. | R. Brousoz
Le projet de sentier lacustre à La Tour-de-Peilz essuie à nouveau une volée d’oppositions. Mis à l’enquête jusqu’au 26 décembre dernier (voir édition 230, 26.11.25) le cheminement piétonnier a récolté 18 oppositions, indique la Municipalité.
Long de 600 mètres, l’itinéraire doit relier les Bains de la Becque à Portail-Blanc le long de la rive. En 2019, une première version avait suscité 23 oppositions. Contrairement à cette dernière, le nouveau projet s’accompagne d’une renaturation de la rive, grâce notamment à une passerelle sur pilotis, des roselières ou des murs en pierres sèches. «Ces oppositions proviennent principalement de riverains», indique Elise Kaiser, municipale boélande chargée de ce dossier au long cours. «Il n’y a aucune surprise, nous nous y attendions.»
Selon l’élue écologiste, les motifs invoqués sont de natures diverses: accès insuffisant pour les personnes à mobilité réduite, coût pour les finances communales (ndlr: 3 millions de francs ont été inscrits au plan des investissements), impact sur le paysage et l’environnement ou encore sécurité. Contactés, les avocats de plusieurs riverains n’ont pas souhaité faire de commentaire.
«Qui va réparer?»
Déjà opposant il y a six ans, le pêcheur de Clarens Henri-Daniel Champier, président du Chemin des Galets (une association qui vise à reconstituer des frayères naturelles) met à nouveau son veto. Même s’il dit ne pas comprendre «l’intérêt public» d’un tel sentier, il admet que le projet a fait un «net progrès» depuis 2019. «Je ne fais pas carrément opposition, précise-t-il. Mais ces aménagements me paraissent fragiles. Il y aura des dégâts à chaque grosse tempête de Vaudaire. Je veux juste savoir qui prendra en charge les réparations.»
L’Association pour la préservation des rives des lacs vaudois (APRIL) se montre elle aussi préoccupée. Son opposition vise notamment à interdire l’accès au futur sentier durant la nuit, période où la faune est active. Afin de limiter la pression sur les biotopes, il s’agit aussi pour elle de s’assurer que cela soit uniquement un cheminement, et non pas un lieu de délassement.
Cette phase de mise à l’enquête étant terminée, place aux séances de conciliation avec les opposants. En cas de non-accord, c’est sur le terrain juridique que la procédure se poursuivra.
