« Cambrioler un établissement comme le nôtre, c’est juste navrant »

C’est le deuxième cambriolage que subit la buvette depuis qu’elle a été reprise par Daniel Meylan (photo) et son épouse il y a 12 ans.  | R. Brousoz

Saint-Triphon
À la veille du week-end de la Pentecôte, la buvette du Duzillet a été la cible de visiteurs nocturnes. Le butin emporté s’élève à plusieurs milliers de francs.

«Ce n’est pas le Père Noël, parce qu’il passe généralement par la cheminée», plaisante Daniel Meylan en montrant les tuiles arrachées sur le toit. «Ni des couvreurs, ou alors ils travaillent vraiment mal!» Son commerce a beau avoir été victime d’un cambriolage, le gérant de la buvette du Duzillet ne s’est pas fait voler son sens de l’humour.

C’est dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21 mai que la fameuse échoppe nichée au bord de l’étang de Saint-Triphon a été saccagée et pillée. «J’ai découvert ça le matin, en venant amener des bières», raconte le patron, qui exploite le site depuis 12 ans avec son épouse Christine. D’abord, il y a la colère, et puis le dépit. «Cambrioler un établissement comme le nôtre, c’est juste navrant…» 

Du fromage et de quoi panosser

Faute de pouvoir s’introduire par le toit, les malfrats sont finalement entrés en fracturant l’un des volets en bois. Avant de mettre le local sens dessus dessous. «Ils ont utilisé des cartons vides pour transporter leur butin», relève le Montheysan de 65 ans, qui égrène la liste des marchandises volées. «3 kilos de gruyère, une vingtaine de saucisses sèches, des cartons de chips, de la bière, du vin. Et même des cartons de glaces! À croire qu’ils veulent ouvrir une buvette ailleurs?»

Une visseuse a également disparu, ainsi qu’une… brosse à récurer. «C’est le soir, en voulant nettoyer, que je me suis aperçu que je n’avais que le bidon!» Prudents, Daniel et sa femme vident la caisse chaque soir. Mais les cambrioleurs ont tout de même pris la peine de vider la crousille des pourboires. «Ils se sont fait au moins 25 francs», ironise-t-il. 

Au total, le montant du larcin se chiffre à quelque 2’400 francs. «L’assurance a été efficace, j’ai été remboursé rapidement», relève-t-il. Les dégâts au bâtiment sont du ressort de la Commune d’Ollon, qui en est propriétaire. 

Caméra mise hors-jeu

Ce n’est pas la première fois que le couple d’exploitants se fait dévaliser. Un cambriolage a déjà eu lieu en 2016, une année après leur reprise de la buvette. «On est loin de tout ici, en pleine nuit les voleurs se royaument. Et ce n’est pas Fort Knox!» 

N’y a-t-il pas moyen de renforcer la sécurité au moyen d’une vidéosurveillance? «Le comble, c’est qu’il y en a», répond Daniel Meylan en pointant du doigt la petite caméra blanche dans le coin du local. «Mais elle ne fonctionnait pas. La première chose faite par les malfrats a été de couper le courant. D’ailleurs, heureusement que je suis venu le matin à 10h30 et non à 14h comme d’habitude. J’ai pu sauver les glaces en rebranchant le congélateur. Sans ça, il y aurait pour 2’000 francs de pertes en plus!»

«Ils auraient pu tout casser» 

Même s’il a aussitôt déposé plainte, le gérant ne se berce pas d’illusions. «On sait que les auteurs ne se font quasiment jamais choper.» Malgré tout, il relativise. «Dans notre malheur, on a eu de la chance. Ils auraient pu tout casser.» 

Une mésaventure qui n’entame pas le moral du couple, lequel vient de commencer son avant-dernière saison derrière le comptoir du Duzillet. Un zinc qui ne finit pas de voir défiler les clients, copains et autres habitués. 

Un fidèle venu d’Aigle vient d’ailleurs de commander un verre de rosé pour trinquer avec le patron. C’est tout ça de pris à d’éventuels prochains visiteurs nocturnes.  

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