Les casiers à skis sont pris d’assaut en station

Chez Sport’s House, au départ de la télécabine du Roc d’Orsay, le magasin propose 150 casiers, «dont une moitié réservée par les écoles privées», ajoute Sébastien McVicar, manager, lors de la visite.  | K. Di Matteo

Alpes vaudoises
À Leysin, Villars et Gryon, les listes d’attente n’en finissent plus chez les trois fournisseurs de ces armoires permettant d’arriver les mains vides. A contrario, rien n’existe aux Diablerets.

Enfiler sa combi «tranquillou», après le café du matin. Se mettre en route ou prendre son train à Lausanne ou Milan sans s’encombrer. Débarquer les mains dans les poches et ouvrir son casier grâce à son abonnement de ski ou un code de son choix pour y récupérer ses lattes, son casque et ses chaussures. Et zou, direct dans la télécabine!

C’est le scénario – un brin simplifié – qu’offrent les casiers à skis. La formule existe depuis des années à Leysin, Villars et Gryon, où plusieurs magasins proposent ces armoires chauffées. Et celles-ci sont prises d’assaut!

Chez Daetwyler Sports, à Villars, Céline Daetwyler en est à supplier. «Ne faites pas de publicité, j’ai des listes d’attente qui n’en finissent plus! Pour février, des gens m’écrivent depuis juin, j’appréhende déjà.»

Au fil des ans, l’enseigne a fini par proposer des casiers sur trois sites: en face du magasin de la place de la Gare, dans d’anciens locaux de La Poste (72 casiers pour 3 équipements), sur les pistes à Bretaye (14 pour 2 et 40 pour 4) et au départ de la télécabine du Roc d’Orsay – 420 armoires à deux places, dont une bonne partie réservées par des écoles privées.  Et tout est «sold out». Ou presque. «Nous en gardons toujours un certain nombre pour les gros week-ends et les pics d’affluence comme Noël, précise-t-elle. C’est un service très apprécié, toutes les grandes stations modernes en proposent.»

Une clientèle d’habitués

Côté tarifs, on est unifiés entre concurrents. «Pour la saison, il faut compter 150 francs l’équipement (skis, casque, chaussures), donc 300 pour un casier à deux et 600 pour un casier à quatre», lance de son côté Francis Decroocq, du magasin Sport’s House, lui aussi au départ de la télécabine de Villars.

Au-dessus du commerce, 150 armoires sont à louer. «Les gens nous les réservent régulièrement à l’année, souvent des résidents secondaires, mais aussi des habitants à l’année, des écoles privées pour moitié. La clientèle est régulière et le tournus très petit.»

À Gryon, Paragon Sport loue 94 casiers depuis près de huit ans. «Chauffés, pour deux ou quatre, précise le patron Fabian Denzler. Ils sont accessibles 24 heures sur 24 avec l’abonnement de ski, hors Magic Pass.» Idem à Leysin, où Hefti Sports en propose 150.

Tous pourraient facilement envisager d’augmenter la voilure. «À Bretaye, si nous en avions 50 de plus, on les louerait, assure Céline Daetwyler. Mais il faut trouver la place et c’est beaucoup de travail pour des casiers utilisés quatre mois par an.» À Leysin, Blaise Hefti abonde: la place et les coûts sont un frein, «sinon 20-30 casiers de plus seraient les bienvenus».

À Gryon, y aura-t-il un coup à jouer dans la future nouvelle télécabine prévue au départ de la gare de Barboleuse au plus tôt en 2030? Fabian Denzler le pense et Télé Villars-Gryon-Les Diablerets le prévoit, à entendre le directeur Martin Deburaux. «Nous en proposons déjà une cinquantaine au départ de l’actuelle télécabine et un local plus grand est planifié dans le bâtiment de la nouvelle.» À Leysin, les remontées mécaniques en proposent aussi une centaine, récemment remises à neuf, ainsi qu’aux Mosses, au départ du téléski du Crettex: «Un chalet avec des  consignes qui seront, à terme, réservables en ligne», précise Maxime Cottet, directeur des remontées.

Rien aux Diablerets

Aux Diablerets, étrangement, un système analogue n’existe pas. «Malheureusement, ajoute Isabelle Fontana, gérante de Jacky Sports. Tout au plus, nous proposons de laisser les affaires au magasin pour 5 francs, mais de tels casiers n’existent pas. Faute de place et de demande, même si je ne doute pas que l’existence de telles armoires susciterait l’intérêt.»

À ce sujet, TVGD a l’idée bien en tête. «Dans la nouvelle gare de l’ASD (ndlr: prévue au départ de la télécabine).» Même si, là aussi, la nouvelle arrivée du train n’est pas pour tout de suite.

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