
Une famille de faucons crécerelles niche dans le temple d’Ollon. | G. Berthoud
Au clocher du temple d’Ollon, situé à la place de l’Hôtel de Ville, les prières des fidèles se mêleront bientôt aux ondes électromagnétiques. Une antenne 5G de l’opérateur Swisscom – mise à l’enquête en 2022 – sera prochainement implantée dans la flèche boyarde. Seules les personnes situées à proximité, dans un rayon restreint, ont pu se prononcer.
Plus de 300 signataires ont tenté de faire barrage. «Pour la première fois de notre vie, nous avons fait du porte-à-porte avec mon épouse pour récolter des signatures», explique Roland Begert, ingénieur en électricité à la retraite, qui a porté l’opposition à bras-le-corps. «Nous ne sommes pas des marginaux ou des complotistes. Les opposants sont des personnes avec une grande éducation, comme des avocats, des médecins, des vétérinaires», assure le Boyard, qui vit derrière le temple. Tous pointent du doigt les dangers sanitaires des rayonnements électromagnétiques. De son côté, la municipale en charge de l’urbanisme, Julia Macheret, se veut rassurante et souligne que l’emplacement est conforme aux normes sanitaires fédérales.
Malgré ces oppositions, la Commune a décidé de délivrer le permis de construire. «Le dossier a été traité dans le respect du cadre légal fédéral et cantonal auquel nous sommes soumis», poursuit l’édile, en rappelant que les Communes disposent de peu de marge de manœuvre, la Confédération imposant une couverture optimale du territoire.
Quant à l’implantation en plein cœur du village, la Municipalité y voit une solution adaptée. «L’emplacement permet de dissimuler l’installation et d’éviter la construction d’un nouveau mât, limitant ainsi l’impact paysager et patrimonial du village d’Ollon, classé à l’Inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale», relève Julia Macheret.
Des précautions pour les faucons
Une poignée d’opposants n’a néanmoins pas baissé les bras et a déposé un recours au Tribunal cantonal, invoquant notamment la présence d’une espèce protégée. Une famille de faucons crécerelles niche depuis des années dans les hauteurs du clocher. Ce rapace, considéré comme potentiellement menacé par l’Office fédéral de l’environnement, dépend de mesures de conservation strictes pour survivre. Si le tribunal a rejeté le recours en août 2025, il a imposé toutefois une condition pour la protection de ces oiseaux. La Division biodiversité et paysage a exigé que l’installation se fasse hors période de nidification (d’avril à août), et la pose d’un blindage métallique entre les antennes et le nid. «Des précautions sont prises pour les faucons, et tant mieux, mais rien n’est fait pour la population», regrette Roland Begert. «Aujourd’hui, il y a une grosse amertume et une perte de confiance envers nos institutions», souffle ce dernier.
