
Aigle est l’antenne du Prix du livre de Lausanne 2026. Ici, la soirée du 10 février à la librairie Chrono’page, avec la lauréate Chloé Falcy (à g.) et la déléguée à la politique du livre de Lausanne, Fanny Meyer. | DR
Stéphane Montangero, d’où vient cette ambition?
– Tout est parti d’une volonté de la Municipalité en début de législature de doter la ville d’une véritable stratégie culturelle. Elle s’appuie par ailleurs sur une demande multipartis de 2023 du Conseil communal, un postulat intitulé «Comment améliorer le soutien à la culture aiglonne?» Différents volets ont déjà été développés ces dernières années, mais jusqu’ici nos actions étaient un peu disparates. Les initiatives privées de qualité foisonnent – le festival BD, l’Aigl’in, la montée en puissance du Théâtre Waouw, les Amis de la Musique d’Aigle et du Chablais, etc. – nous voulons aujourd’hui structurer l’ensemble et voir ce qui manque à une ville de désormais 12’000 habitants. Après Aigle capitale mondiale du cyclisme et du Chasselas, pourquoi pas Aigle «pôle de culture»?
Un état des lieux a déjà eu lieu.
– Oui, par une consultante externe, pour nous offrir un regard professionnel. Ce travail nous a servi de ligne directrice. Cela a débouché sur un plan de mesures.
Quelles sont les principales?
– La première a déjà été concrétisée: pérenniser le poste de déléguée culturelle. Un autre axe fort est de passer des contrats avec diverses institutions pour planifier notre soutien sur plusieurs années. Ce faisant, nous leur garantissons un peu plus de sécurité. Nous voulons asseoir des «blocs» avec les principaux acteurs, mais d’autres peuvent y prétendre. Une autre priorité est de développer des lieux de culture. Il y a évidemment le futur de la salle des Glariers à assurer, mais on pense aussi à un autre vieux dossier, celui des anciens abattoirs. Que pouvons-nous en faire? En somme, nous voulons que la culture devienne un pilier de notre marketing urbain.
Du marketing urbain, c’est-à-dire?
– Nos richesses ne sont pas suffisamment mises en avant. Certains n’ont pas conscience de «consommer de la culture» quand ils se baladent à Aigle. La collection communale compte par ailleurs plus de 200 œuvres à préserver et à montrer, et elle est régulièrement agrandie. Des legs sont aussi possibles, avis aux amateurs!
Au sujet de ces conventions, y a-t-il des critères pour être éligible?
– Le premier est que le demandeur ait un véritable projet culturel et un fort ancrage à Aigle. Nous recevons des demandes de partout, mais toutes ne seront pas soutenues.
D’autant que cela présuppose probablement un effort économique de la Ville.
– En soutenant nos piliers existants et quelques innovations, nous n’allons pas faire exploser le budget. Les postes qui devaient être augmentés rapidement l’ont déjà été – la déléguée à la culture et la responsable de l’Espace Graffenried. Si toutefois des besoins devaient émerger, ils passeraient de toute façon par une demande via le budget.
Plus d’infos: www.aigle.ch
L’entier de la stratégie culturelle d’Aigle est disponible sur le site de la Commune, voir: «préavis 2026-03».
