« Mon objectif est de rendre beau ce mouvement militant »

Le vidéaste-activiste Vincent Verzat sera à Bex ce jeudi soir pour parler de son action et de son film «Le Vivant qui se défend».  | DR

Festival du film vert
Le vidéaste-activiste français Vincent Verzat, dont la chaîne cumule des millions de vues, sera à Bex ce jeudi 26 mars pour la projection de son film «Le Vivant qui se défend».

ture, Vincent Verzat a retrouvé le second souffle qu’il recherchait et qu’il a voulu transmettre à d’autres activistes comme lui à travers son film «Le Vivant qui se défend» (2025). Sur 90 minutes, il y mêle des images de ses rencontres animalières avec celles qu’il a recueillies lors de marches pour le climat, COP et autres actions de désobéissance civile qu’il a accompagnées et dont il relaie depuis 10 ans le message sur sa chaîne «Partager c’est sympa». 

Partager, c’est ce qu’il fera aussi demain soir avec le public du cinéma Grain d’Sel de Bex au terme de la projection de son film (aussi à Monthey, voir ci-contre), dans le cadre du Festival du film vert où il aura répondu présent lors de huit dates en Suisse romande. Coup de fil en Ardèche. 

Vincent Verzat, vous êtes tombé très vite dans le chaudron du militantisme.

– Complètement. J’ai toujours grandi avec la notion qu’il fallait rectifier ce monde. En 2015, j’ai été sensibilisé à l’urgence climatique et à partir de là, je me suis dédié exclusivement à la vidéo écolo, via une page Facebook au début, puis sur YouTube et aujourd’hui sur Instagram. Je suis devenu vidéaste-activiste, en postant des enquêtes de terrain, type vlog, avec narration à la première personne, des documentaires incarnés. Je vis de cette activité depuis 10 ans en fonctionnant comme une association, grâce aux dons.

Vous avez tout de même passé quelques heures en prison et appelé à «passer à l’action».

– J’ai simplement été en garde à vue 8 heures pour avoir filmé une action de décrochage des portraits du président Emmanuel Macron. Ce n’est rien par rapport à ce qu’ont vécu d’autres activistes. Mais je suis anticapitaliste et j’appelle à une décroissance structurée, plutôt que d’attendre et subir une décroissance désorganisée et injuste. Je soutiens des collectifs qui se structurent, qui montent en compétence, et qui mettent en place des choses utiles pour demain.

Avec un certain succès, vous êtes une voix entendue.

– Moins que d’autres, mais je compte en effet 320’000 abonnés sur YouTube et quelque 60 millions de vues, toutes plateformes confondues. C’est une grosse responsabilité, raison pour laquelle je pèse mes mots dans chacune des centaines de vidéos que j’ai faites. 

Avec votre film, vous avez changé de registre.

– Oui, en montant mon propos comme un documentaire. J’avais l’intention à la fois de contribuer à rendre hommage et à rendre beau ce mouvement militant, et aussi de contribuer à lui transmettre ce second souffle que j’ai trouvé par l’exploration animalière. J’ai conscience que ce n’est pas universel, mais ça a été ma solution. C’est un film qui offre plusieurs portes d’entrée. Au fil des 450 projections, dont 70 auxquelles j’ai assisté, j’ai pu constater que beaucoup de gens s’y retrouvaient, qui au travers des barrages de castors, qui sur la protection de la forêt, un chantier routier ou l’aspect naturaliste. Je suis très content du résultat. Je me suis entouré de compétences élevées et c’est clairement ce que j’ai fait de mieux, de loin.

De quoi stimuler de nouvelles envies?

– Oui, mais c’est quelque chose dont je suis suffisamment heureux pour ne pas avoir de désir immédiat. D’autant que si j’envisage un nouveau film, j’aurai le même degré d’exigence et la même intention de partir sur un sujet auquel je ne connais rien pour embarquer les gens avec moi. Et cela demande du temps. Le montage de «Le Vivant qui se défend» ne m’a pris que sept mois, mais j’ai d’abord passé quatre ans dans mes affûts.

Des films à Monthey aussi

Le Festival du film vert aura aussi son écrin à Monthey de vendredi à dimanche, en l’occurrence à la salle du Kremlin. Cinq films sont au programme, dont celui de Vincent Verzat ce vendredi à 19h (lire ci-contre), l’un des deux films phares avec «Éclaireurs», d’Hélène Cloître et Arthur Gosset: deux personnes qui ont adapté leurs métiers pour se préparer à affronter la crise climatique. Au menu également, «Trop chaud», de Benjamin Weiss, sur le combat des Aînées pour le climat jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme, «Les Antilles empoisonnées, la banane et le chlordécone», de Nicolas Glimois, et les paysages sous-marins de «Sepia, l’odyssée d’une seiche», de Romain Guénard et Matthieu Le Mau. Deux discussions avec des spécialistes sont agendées vendredi et samedi. Plus d’infos: festivaldufilmvert.ch

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