Mieux déceler le harcèlement scolaire

Le harcèlement implique des micro-violences répétées et un rapport de force inégal.  | Unsplash

Bossonnens
L’école et REPER sensibilisent parents et enseignants à cette forme de violence. L’objectif est de mieux soutenir les enfants confrontés à ces situations.

Mises à l’écart, insultes, ou agressions physiques; l’école peut devenir un lieu difficile pour certains élèves. À Bossonnens, une rencontre a été organisée ce mardi pour sensibiliser les parents aux enjeux de l’intimidation et du harcèlement, en collaboration avec l’Association REPER, qui œuvre pour la promotion de la santé, la prévention des dépendances et des situations à risque chez les jeunes, ainsi qu’avec la brigade des mineurs.

«Le mot <harcèlement> arrive rapidement dans les discussions, dès qu’il y a des conflits entre élèves, constate la directrice de l’établissement Carole Rody. Le but de cette réunion est d’établir un vocabulaire commun entre le corps enseignant et les parents, afin que tous parlent le même langage.»

Car l’école est ponctuellement sollicitée par des parents qui pensent que leur enfant est victime de harcèlement scolaire, alors qu’il s’agit parfois d’autre chose, comme un conflit ou d’autres formes de violence. «On ne parle pas de harcèlement pour un acte isolé, comme une bousculade ou une insulte. Le harcèlement repose sur des critères précis, soit une répétition des actes, un déséquilibre des forces et une incapacité pour la victime à se défendre», explique l’Association REPER. 

L’enfant visé, souvent confronté à des micro-violences, n’est généralement pas en mesure d’y mettre un terme. «C’est au groupe de décider d’y mettre fin», souligne l’association.

Être à l’écoute

En tant que parent, certains signaux doivent alerter, même si l’enfant ne parle pas directement de ce qu’il vit. Un changement de comportement inhabituel peut être révélateur, comme des maux de ventre, des troubles du sommeil, une anxiété accrue ou une perte d’envie d’aller à l’école. 

Dans ces situations, l’Association REPER recommande d’adopter une posture d’écoute. Il s’agit de poser des questions, sans jugement ni reproche, afin de favoriser la parole de l’enfant. L’objectif est de créer un climat de sécurité, dans lequel l’enfant se sent en confiance pour s’exprimer.

À Bossonnens, l’école agit principalement en prévention en favorisant l’écoute et les échanges avec les élèves, en travaillant l’apprentissage des émotions et du message clair, et en présentant le cadre légal applicable en cas de comportements inappropriés. Compte tenu de l’âge des élèves, de 4 à 12 ans, l’établissement est relativement peu confronté au cyberharcèlement, même si la vigilance reste de mise.

Dans le canton de Fribourg, environ 10% des élèves de 15 ans sont victimes de harcèlement. Parmi eux, 5% subissent également du cyberharcèlement, une extension du phénomène dans l’espace numérique.

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