«J’ai retrouvé la flamme que j’avais perdue»

Adrien Briffod se prépare pour sa première saison de trail, qui débute ce printemps. Le Veveysan compte bien rééditer sa performance de l’an dernier à Sierre-Zinal (4e).  | A. Valentino

Adrien Briffod
En novembre dernier, l’athlète veveysan avait annoncé la fin de sa carrière en triathlon. Après avoir terminé 4e à Sierre-Zinal en 2025, il s’est lancé professionnellement en trail. Interview avant les grandes échéances de la saison.

Adrien Briffod, expliquez-nous les raisons de ce changement de direction. N’aimiez-vous plus suffisamment le triathlon?

– Ce n’est pas exactement ça. L’année dernière, j’avais décidé d’arrêter le sport de haut niveau. Je voulais faire plus d’activités en montagne, et cela était quasiment impossible avec un programme d’entraînement aussi rigoureux qu’en triathlon… Je me suis ensuite inscrit à la course Sierre-Zinal où j’ai terminé à une belle quatrième place. Plusieurs marques m’ont alors proposé de me soutenir si je me mettais sérieusement au trail. J’ai réfléchi à leur proposition et aussi aux implications de me réengager à haut niveau. Est-ce que j’étais prêt à le faire? Je me suis dit que ça valait la peine d’essayer.

Laisser derrière vous le triathlon n’a pas été trop difficile? 

– Non, ça m’a même déchargé d’un poids. L’annoncer publiquement a été un grand soulagement. En triathlon, je devais constamment penser à mes entraînements. Il y avait beaucoup de contraintes que j’étais prêt à accepter, car j’étais passionné. Mais après les Jeux olympiques de Paris en 2024, j’étais un peu perdu… Je n’avais plus d’objectifs fixes, je terminais mes études et je me posais déjà des questions sur mon avenir dans le monde du sport. Après l’EPFL, j’avais envie de travailler, mais l’équilibre avec le triathlon aurait été difficile. J’ai eu la chance d’être engagé comme ingénieur en génie civil, et avec le trail, je dispose désormais de plus de temps, que ce soit pour ma carrière professionnelle ou pour mes loisirs.

Des compétences acquises en triathlon qui vous seront encore utiles? 

– Oui. Les bases tout d’abord. En triathlon, j’ai appris à m’entraîner, je connais mon corps et ses limites. Savoir comment m’alimenter va aussi m’aider à être performant pendant des courses longues. J’ai également l’habitude de faire de grosses charges d’entraînement. Enfin, j’ai appris à courir vite. Maintenant, il ne me reste plus qu’à apprendre à courir vite en montagne!

L’entraînement est-il aujourd’hui fondamentalement différent? 

– Je dirais que je m’entraîne à ma façon et que j’ai plus de liberté. C’est peut-être ça qui change. Si on me propose d’aller en montagne, je peux adapter mon entraînement sans sentiment de culpabilité. Je peux par exemple incorporer dans mon programme d’autres sports qui me plaisent, comme le vélo, le ski de fond ou la grimpe. Ça me permet de retrouver cette flamme que j’avais perdue en triathlon. Je peux vivre l’entraînement, sans que ce soit une contrainte!

Des courses en vue cette saison? 

– J’aimerais faire Zegama-Aizkorri, au Pays basque. C’est un marathon avec 2’700 mètres de dénivelé positif. Il y a aussi le marathon du Mont Blanc. Et bien sûr, Sierre-Zinal! J’ai envie d’y être à nouveau performant. Ce sont les trois courses que je vise, mais si j’entends parler d’un autre trail qui me plaît et qui s’intégrerait bien dans mon entraînement, alors pourquoi pas! 

Ressentez-vous moins de pression désormais? 

– Avant, c’est sûr, j’avais une certaine pression liée aux résultats. Maintenant, j’ai surtout envie de profiter de mes courses avant tout. Que j’arrive premier ou dixième, tant que je prends du plaisir, c’est l’essentiel. Mais cela ne veut pas dire que je n’ai plus envie d’être performant!