
Sur le domaine Villars-Gryon-Les Diablerets, 733’000 journées skieurs ont été comptabilisées, contre 706’000 la saison dernière, soit une hausse de plus de 3%. | TVGD
Les mordus de ski ont dû faire leurs adieux aux pistes de la région ce week-end. À Leysin–Les Mosses comme à Villars–Gryon–Diablerets, les derniers schuss ont eu lieu ce dimanche. Mais les bilans, eux, divergent nettement. À Leysin-Les Mosses, la saison est jugée «particulière» et «mitigée» par Maxime Cottet, directeur des remontées mécaniques Télé-Leysin-Les Mosses-La Lécherette (TLML). «Nous avons bien débuté avec une pré-ouverture début novembre, nous étions pleins d’espoir. Mais avec le redoux de décembre, nous n’avons pas pu ouvrir la totalité du domaine pendant les vacances», explique-t-il. Lors des relâches de février, les importants épisodes neigeux accompagnés d’un risque élevé d’avalanches n’ont pas aidé. Le sursaut de Pâques n’aura pas suffi à inverser la tendance.
Au-delà de la météo, le contexte international pèse également. «L’augmentation du prix du carburant a un impact. Le ski reste un loisir, donc le budget alloué est le premier sacrifié», souffle ce dernier. Le bilan définitif sera établi le 30 avril, mais il semblerait que la saison reste dans la moyenne des cinq dernières années. Cependant, TLML doit rester prudente avec ses finances, notamment en raison de l’augmentation du salaire minimum des saisonniers dès la saison prochaine. «Les charges énergétiques et charges de personnel ont augmenté dans un contexte où le chiffre d’affaires, lui, ne progresse pas, voire régresse.»
Au total, 281’000 journées de ski ont été enregistrées, soit 39’000 de moins que l’an dernier. Le manque de neige aux Mosses, ainsi que la fermeture du secteur de Chaux-de-Mont, pendant un mois, en raison d’un éboulement, ont pesé lourd, entraînant l’arrêt du Snow Park et d’un restaurant.
L’effet Magic Pass
À l’inverse, l’optimisme domine du côté de Télé Villars-Gryon- Les Diablerets (TVGD). L’entreprise évoque une saison record, avec une hausse de fréquentation de 3%. Au total, 733’000 skieurs ont été comptabilisés (706’000 la saison dernière). Son directeur Martin Deburaux note une constance élevée, sans pics exceptionnels.
«Malgré un faible enneigement à Noël et des vacances scolaires de février regroupées, la station a su tirer son épingle du jeu en mars et en avril auprès de la clientèle Magic Pass», indique le communiqué de presse. Cette dernière représente 60% des visiteurs. L’extension du Magic Pass a également attiré une nouvelle clientèle, en particulier suisse alémanique. Une optimisation de la communication semblerait également avoir fait effet.
Face à ces contrastes, Maxime Cottet estime nécessaire de repenser le modèle de la station. «TLML a un déficit d’image, nous devons renforcer notre visibilité sur tous les plans: local, national et international.» Pour cette station de moyenne altitude, le développement de l’offre 4 saisons apparaît comme une nécessité.
Le bilan est aussi positif pour les Portes du Soleil, bien que la saison ne soit pas entièrement terminée. Alors que Morgins et Champéry–Les Crosets ont fermé, du côté français, Avoriaz poursuit la saison jusqu’à la fin de la semaine. «Il s’agit probablement d’une saison record», avance Enrique Caballero, président du Conseil d’administration des Portes du Soleil SA, tout en précisant que les chiffres définitifs dépendront d’Avoriaz. Le domaine, qui fonctionne avec son propre forfait, a enregistré une hausse de fréquentation de 2%.
Record aux Pléiades
Du côté des petites stations de basse altitude, les Pléiades soulignent une belle saison, «la meilleure saison depuis trois ans», se réjouit Gérald Gygli, président de la coopérative des Pléiades. «Pour la première fois, nous avons pu ouvrir la station complète en début de saison, le 29 novembre. Ça n’était jamais arrivé de mémoire d’homme», assure-t-il. 50 jours d’ouverture face à 39 l’an dernier, ou zéro entre 2022‑2023. «Nous avons retrouvé les chiffres de la dernière décennie, n’en déplaise aux alarmistes qui annoncent la fin de la neige aux Pléiades.» Le Magic Pass et la fréquentation des écoles ont joué un rôle clé. La station a notamment travaillé la neige autrement, en anticipant davantage la préparation des pistes.
Les pistes de ski de fond, moins exposées au soleil, ont bénéficié d’excellentes conditions. Enfin, l’élargissement du Magic Pass à de grandes stations comme Gstaad a eu des retombées financières positives pour toutes les stations membres, dont ce petit domaine des Préalpes.
Aux Rochers-de-Naye enfin, la saison est jugée bonne. Malgré une relâche de février quasi nulle, la fréquentation globale a répondu aux attentes.
Pour les retardataires dont le besoin de dévaler les pistes n’a pas encore été comblé, il est encore temps: Glacier 3000 est ouvert jusqu’au 30 avril.
