
| C. Michel et DR
La commune de 12’700 habitants est la dernière de la Riviera à devoir encore se trouver une figure de proue pour son Exécutif. Qui succédera au syndic PLR Alain Bovay, lequel occupe ce poste depuis la fusion en 2022? Ce dimanche, le corps électoral pourra choisir entre la socialiste sortante Laura Ferilli et l’autonome Stéphane Krebs, nouvellement élu à la Municipalité en mars dernier. À quelques jours de ce premier tour de scrutin, la sociologue de 49 ans et le maître-paysagiste de 53 ans, tous deux issus de Blonay, répondent à nos questions.
Dites-nous, qu’est-ce qui vous a motivé(e) à vous lancer?
– Laura Ferilli : Assurer une continuité avec cette législature où je suis municipale. Avec les leçons de cette expérience, j’amène des propositions bénéfiques. La fusion en place, nous pouvons maintenant viser plus loin.
– Stéphane Krebs : Blonay–Saint-Légier m’a vu naître et m’a beaucoup donné. Aujourd’hui, je souhaite lui redonner ce qu’elle m’a apporté, en mettant la solide expérience acquise en gestion de PME, présidences, direction de projet et gouvernance au service de la population.
Comment voyez-vous cette fonction?
– S.K. : Le syndic doit être capable de rassembler, de créer des ponts entre les visions et la réalité, guider la Commune avec sagesse et transparence, afin de créer de la qualité de vie.
– L.F. : J’ai observé Alain Bovay, sa recherche du consensus au sein de la Municipalité. Pour moi, cette fonction – définie par le cadre légal – est avant tout un rôle de lien. Fixer les priorités, tenir compte de tous les points de vue, gérer les projets de façon proactive et planifier les finances de manière serrée. Et défendre les intérêts de la Commune tout en collaborant positivement avec les autres Communes et le Canton.
Quelles sont vos priorités pour votre commune? Un exemple de projet qui vous tient à cœur?
– L.F. : Ne laisser personne sur le bas-côté et tenir compte des besoins de tout le monde. Tel que favoriser des logements à loyers abordables, grâce à des coopératives d’habitations.
– S.K. : Je propose de fédérer nos énergies autour d’une vision simple et forte: la prospérité générale, au service de tous. Sans évoquer de projet précis, le but est avant tout le bien-être, la sécurité et le plaisir de mieux vivre ensemble.
Qu’est-ce qui vous plaît particulièrement dans le fait de vivre à Blonay-Saint-Légier?
– S.K. : J’aime avant tout l’harmonie entre la nature et les personnes de notre belle commune, l’âme de ses commerces, de son artisanat, de sa vie culturelle et sportive. J’ai aussi la chance de connaître la mémoire des lieux, si précieuse pour éclairer l’avenir.
– L.F. : C’est une commune et un territoire dont les ressources permettent d’assurer le bien-être de sa population.
Malgré des candidatures couvrant l’ensemble de l’échiquier politique, les programmes des trois candidats Bellerins – tous municipaux sortants – Alberto Cherubini (PS), Michael Dupertuis (Avançons-Ouverture) et Emmanuel Capancioni (PLR) affichent une tonalité résolument consensuelle. Mobilité, développement des infrastructures scolaires et parascolaires, vivre ensemble: autant de priorités partagées. À rebours de certaines Communes chablaisiennes plus divisées, Bex affiche une volonté d’avancer de concert.
Quid de la place du Marché?
Après un mandat de cinq ans à la tête de la Commune, Alberto Cherubini, seul édile élu à La Municipalité au premier tour, souhaite poursuivre son travail et ne pas «s’arrêter en si bon chemin». Le syndic sortant espère voir aboutir les dossiers sur lesquels il a œuvré, à commencer par la rénovation de la place du Marché, qu’il juge particulièrement complexe en raison d’intérêts divergents entre acteurs.
«Le principal élément perturbateur est la halle marchandises des CFF. Personne ne sait quoi en faire… Il faut non seulement la conserver à tout prix, mais aussi la déplacer de quelques mètres ce qui devrait coûter environ 1,5 million de francs aux TPC. C’est absurde!»
Le candidat socialiste ambitionne aussi de mener à terme l’installation des nouvelles entreprises dans la zone industrielle, qui généreront plus de 100 nouveaux emplois.
De la concurrence au portillon
Fort d’un excellent score aux deux tours de l’élection à la Municipalité, Michael Dupertuis ose le pas supplémentaire. «Être la seule formation à bénéficier d’un tel soutien, soit trois élus, implique un grand sens des responsabilités, que j’assume pleinement à travers cette candidature à la syndicature», assure l’élu d’Avançons-Ouverture.
De son côté, Emmanuel Capancioni rappelle le poids du bloc de droite bellerin (PLR-PAI-UDC), qui dispose de deux sièges à l’Exécutif et de la plus forte représentation au Conseil communal (23 sièges sur 60). «Il semble légitime de proposer une diversité de candidatures et de répondre aux souhaits de l’électorat», souligne-t-il.
Priorité aux écoles
Au-delà des positionnements politiques, les trois candidats se rejoignent sur plusieurs priorités, notamment le renforcement des infrastructures scolaires. Michael Dupertuis plaide pour la réalisation du nouveau complexe pour «mettre fin aux containers dans lesquels se trouvent nos enfants depuis des années», et dénonce un manque d’anticipation institutionnelle. Le centriste entend notamment finaliser le dossier du Plan d’affectation communal (PACom), et appelle Bex à s’affirmer davantage sur les Plans cantonal et intercommunal.
En matière de mobilité, Michael Dupertuis souhaite poursuivre les efforts engagés. Il rappelle notamment avoir milité pour des bus MobiChablais sur le territoire bellerin, et défend désormais une meilleure sécurisation des déplacements pour les enfants et les personnes âgées.
Sur ce point, Emmanuel Capancioni plaide pour une mobilité douce et sécurisée, sans exclure la voiture. «Elle est indispensable pour certaines personnes étant donné la superficie de notre commune.» Il mise également sur des espaces de rencontres intergénérationnels, des services communaux proches des citoyens, un tourisme «doux» ainsi que des commerces, entreprises et vie associative dynamiques.
Côté finances, les indicateurs sont au vert et les trois candidats sont favorables à un maintien du taux d’imposition. Pour le reste, chacun met en avant ses atouts: Alberto Cherubini insiste sur son engagement désintéressé au service du bien commun, Michael Dupertuis valorise son énergie et sa double casquette (père de famille et entrepreneur), et Emmanuel Capancioni souligne son expertise acquise en tant que directeur d’agence immobilière, fort de 25 ans d’expérience, ainsi que son statut de président de la Société des industriels et commerçants de Bex depuis bientôt 20 ans.
Si les cinq élus à la Municipalité d’Ormont-Dessus ont eu une pensée pour la syndicature, «seuls» les trois sortants seront en lice dimanche. François Genillard rappelle qu’il a fini le mieux élu le 8 mars et met en avant son expérience de trois législatures de municipal. «J’ai aussi été président de la Commission de gestion et de la Commission des finances.» Nicole Tougne-Genillard entamera sa troisième législature à l’Exécutif en juillet. Ses priorités vont des «réfections du Parc des Sports, de la Maison des Congrès et de la station d’épuration» à «la rigueur dans les finances communales» et l’«équilibre entre le tourisme et le bon-vivre de nos habitants, en privilégiant le local». Jean-Marie Schaublitz, deux mandats de municipal au compteur, entend faire avancer ses projets «dans le respect des acquis et en collaboration avec l’équipe municipale» et «faire valablement entendre notre voix auprès des diverses entités auxquelles nous avons affaire.» Son plus grand défi? «Imprimer une dynamique suffisamment forte pour montrer à la jeune génération que l’avenir d’une collectivité se façonne petit à petit et que cela vaut la peine de s’engager.»
