«Pralong Guitars est vraiment la progéniture du MIGS»

Du Prix du public au MIGS 2023 à celui de la plus belle guitare au Paris Guitar Festival l’an dernier, Irénée Pralong (au milieu sur la photo de gauche et à gauche sur la photo de droite) voit sa marque, Pralong Guitars, se faire une belle place dans le milieu.  | P. Guitars

Montreux
Récompensé par le prix de la plus belle guitare au Paris Guitar Festival, le Valaisan Irénée Pralong avait lancé sa marque lors du salon montreusien en 2023.

Entre Irénée Pralong et le Montreux International Guitar Show (MIGS), c’est une grande et belle histoire d’amour. Pas la dernière, sans doute, pour le menuisier sierrois, mais de celles, fondatrices, qui laissent une marque indélébile, à la manière de ces coups de médiator que l’on imprime dans le bois de sa guitare avec les années. Interview alors que s’ouvre la 5e édition du festival, du 24 au 26 avril.

Irénée Pralong, le MIGS a vraiment été central dans votre parcours…

– Ça a été la clé de voûte de mon projet. J’ai vraiment lancé la marque lors de la deuxième édition du MIGS en 2023, une idée qui s’est imposée lors de la première édition, que j’avais faite en visiteur. Il y a trois ans, on a été élus meilleur stand du salon par le public. C’était juste énorme. On est vraiment la progéniture de ce festival!

Dans la foulée ou presque, vous remportez en 2025 le prix de la plus belle guitare au Paris Guitar Festival. Ce prix, c’est un peu un adoubement de la part des pairs, non?

– Oui, je pense que c’est ça le plus important: la reconnaissance des pairs. Quand tu arrives dans un salon comme ça, que tu es suisse, parmi 110 luthiers… et que tu sors avec la plus belle guitare du festival; ce n’est pas rien. Ça a affirmé la marque. Quand on est partis de là-bas, tout le monde connaissait Pralong Guitars… alors que personne ne nous connaissait à notre arrivée. 

Revenons-en au MIGS. C’était important d’avoir ce salon pour la Suisse romande?

– Clairement. Un tel rendez-vous, de portée internationale, manquait dans notre paysage.

Vous retrouver avec d’autres luthiers, c’est précieux pour votre travail?

– Oui. Ce n’est pas de la concurrence, c’est plutôt de la complémentarité; on fait des choses tellement différentes, avec des visions, des approches, des techniques distinctes. C’est super enrichissant de pouvoir discuter avec des luthiers qui ont parfois plusieurs décennies d’expérience. Cela dit, je ne me considère pas comme luthier, mais plutôt comme fabricant de guitares. La différence est portée par le fait que je ne fais pas d’instruments de résonance comme des guitares acoustiques ou des violons et que j’ai plutôt une approche entre l’artisanat et l’industriel. C’est un peu le mélange que j’ai dans ma profession de menuisier, où l’on fait des meubles uniques… mais aussi des fenêtres, des portes «en série». C’est un peu dans cet esprit que j’ai voulu développer ma marque.

Qu’est-ce que vous apporte la participation à ces salons en termes de ventes et de visibilité?

– Pour la visibilité, c’est énorme. Au niveau des ventes, c’est là que je fais une bonne partie de mon chiffre d’affaires. J’en vends sur place et on me commande des instruments. Je les fabrique en avance, mais j’ai aussi toute la phase de montage, de finitions, que je peux faire selon le choix du client. L’année passée, par exemple, deux clients sont venus choisir les bois dans l’atelier. Et ils peuvent venir assister à la fabrication à plusieurs stades de la production.

Qu’est-ce qui fait le succès de vos guitares et de vos basses?

– Le premier retour, c’est le look. Elles sont assez classiques, mais elles plaisent pas mal au niveau visuel. J’ai beaucoup travaillé là-dessus. Ensuite, le fait d’avoir le manche traversant permet d’avoir un sustain (ndlr: la longueur de tenue de la note) vraiment impressionnant.

J’ai deux modèles: les laquées vintage et les bois naturels, brossés. Ce sont ces dernières qui plaisent le plus, les gens ont vraiment l’impression d’avoir quelque chose d’organique, la sensation de toucher du bois naturel. Et c’est en plus du bois indigène. C’est assez important pour moi d’utiliser un bois qui n’a pas fait trois fois le tour de la planète avant de finir en guitare.

Parlez-nous de ces bois, justement.

– Le manche est en érable, les corps sont en mélèze brossé ou en hêtre plaqué. Ce sont des bois qui ne sont normalement pas utilisés dans la fabrication de guitares. Parce que le mélèze est nerveux, un peu fougueux. Mais c’est ce qui donne aussi le look. Et puis ce sont des bois que je maîtrise et que j’apprécie beaucoup.

Cherchez-vous d’autres prix avec vos instruments? Ou la seule satisfaction des clients vous suffit-elle aujourd’hui?

– Je pense que la meilleure reconnaissance, c’est de voir ses guitares sur scène; c’est ce qu’il y a de plus gratifiant.

Plus d’infos: www.migs.ch et www.pralong-guitars.com