La trace des cerfs le mène à une distinction

Maxime Chanez a analysé la distribution des indices de présence du cerf, ainsi que l’influence de l’activité humaine sur leur répartition au pied des Préalpes vaudoises, des Pléiades à la Veveyse.  | DR

Blonay
Le gymnasien Maxime Chanez décroche la mention très bien au Concours national Science et jeunesse, ainsi qu’un prix, avec son étude sur la présence des cerfs au pied des Préalpes vaudoises. Une expérience de terrain qui l’a marqué.

Du haut de ses 17 ans, le Blonaysan Maxime Chanez affiche une assurance déconcertante, même au bout du fil. Ce jeudi matin 30 avril, l’étudiant du gymnase de Burier vient tout juste d’arriver à Bâle pour prendre part au 60e Concours national de Science et jeunesse. Avant de défendre son travail durant trois jours devant un jury d’experts, il prend le temps d’en esquisser les grandes lignes. L’élève en option biologie chimie a consacré son travail de maturité au suivi de la présence des cerfs élaphes au pied des Préalpes vaudoises, et à l’impact du stress anthropique sur ces populations. «C’était l’opportunité idéale d’approfondir mes connaissances sur cette espèce», raconte ce passionné de photographie animalière. 

Inscrit au concours sur les conseils de son expert, sans attentes particulières, il se dit surpris d’avoir été retenu et de compter parmi les 114 jeunes sélectionnés à travers la Suisse. Son travail se concentre sur une population précise de cerfs élaphes, récemment établie dans la région, encore peu documentée. Il cherche à mesurer l’influence de la perturbation de l’activité humaine, notamment liée au tourisme de moyenne montagne, sur la présence actuelle du Cervus elaphus, ainsi que son évolution future. 

Pendant une année, il a sillonné les bois des Pléiades jusqu’à la Veveyse, via le Vallon de Villard, sur une zone d’environ 4 km². Avec une méthode rigoureuse, il a d’abord établi une première carte divisée en une centaine de mailles, puis a parcouru les diagonales à la recherche d’indices de présence des cerfs. Car ici, les traces parlent autant que les observations directes — même s’il a aperçu trois individus lors de ses sorties nocturnes. 

Empreintes, bois, crottes, frayures (ndlr: marques faites par un cervidé mâle avec ses bois contre un élément solide de son environnement naturel, afin de précipiter la chute de ses velours) ou marques autour des souilles, ces zones boueuses où les cerfs se débarrassent de leurs parasites. Chaque indice compte. «Grâce à un système de pondération, j’ai établi une carte de densité de répartition des cerfs», informe-t-il. Au total, il a consacré près de 150 heures sur le terrain. 

Préserver des zones refuges

Ses résultats révèlent une occupation du territoire hétérogène, concentrée dans des habitats forestiers et semi-ouverts. Surtout, ils mettent en évidence une relation densité-stress globalement négative, mais modérée, suggérant une cohabitation possible avec une activité humaine raisonnable. Aux Pléiades, par exemple, les sentiers réputés pour les narcisses sont fuis par les cerfs. «Si ces zones s’étendent, leur territoire diminuera.» 

En consultation avec le garde faune de la région, une vingtaine d’individus évolueraient dans la région étudiée. Désormais, Maxime Chanez plaide pour des secteurs «refuges» à préserver. Au-delà des résultats scientifiques, l’expérience a marqué le jeune. «Ça m’a appris la rigueur dans la prise de mesures. C’était une expérience folle!»

À l’issue de ce week-end, Maxime a obtenu la mention argent, soit «très bien», ainsi qu’un prix national de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL). Pour l’avenir, il envisage une année sabbatique dédiée à la photographie animalière, avant de se lancer, probablement, dans des études universitaires de biologie.

Un Rotzéran vise les étoiles au Vietnam

Pranavendra Reddy Tammireddy, étudiant du Gymnase de Burier originaire de Roche, maintient son cap vers les astres. Lauréat de la médaille d’argent aux Olympiades suisses d’astronomie il y a deux ans, il confirme son statut de prodige en décrochant cette année la première place. Déjà mis à l’honneur dans nos colonnes en 2024 (édition n°159 du 19 juin), il est cette année le seul représentant romand parmi les cinq candidats sélectionnés pour défendre les couleurs helvétiques au Vietnam fin septembre pour les Olympiades internationales d’astronomie.