Le harcèlement n’est pas «Rien qu’un jeu»

Emma Boine et sa fille réalisatrice Marie-Boulane sont à l’origine d’un film d’animation 2D, «Rien qu’un jeu», pour sensibiliser à la thématique du harcèlement. Il est prévu pour 2027.  | K. Di Matteo

Ollon
Fruit de deux habitantes d’Huémoz, la nouvelle association Mycelium veut sensibiliser les jeunes sur des thématiques délicates en réalisant des petits films diffusés gratuitement. Le premier est en gestation.

Le harcèlement scolaire fait partie de la liste des plaies que notre société peine à éviter à notre jeunesse, au même titre que les violences familiales, la solitude, la phobie sociale, «ces difficultés du quotidien qui nous touchent tous et qui sont devenues une normalité», regrette Emma Boine, habitante d’Huémoz, au-dessus d’Ollon. Raison pour laquelle la Chablaisienne vient de créer l’association Mycelium, «pour mettre en lumière les problématiques, les mythes et les tabous sociaux».

Et quoi de mieux qu’un film d’animation pour toucher le public des 7-16 ans? D’autant plus quand on a une pro sous la main: sa propre fille, Marie-Boulane Wongwilat, 23 ans, en quête de projets créatifs pour parfaire sa formation. La passionnée de cinéma réalisera «Rien qu’un jeu», un film consacré au harcèlement, avec d’autres membres du jeune collectif lausannois Cheapmo, qu’elle a rejoint l’an dernier, ainsi que des amis réalisateurs, Thomas Bindon et Jérémy Campagna.

Le résultat final, prévu pour 2027, sera diffusé gratuitement sur Internet et les réseaux sociaux, et idéalement dans des festivals, en ouverture de films dans les cinémas ou auprès d’enseignants pour les aider à lancer une discussion avec leurs élèves et ouvrir la parole sur le sujet.

En animation 2D traditionnelle

La problématique choisie ne doit rien au hasard: Marie-Boulane Wongwilat a elle-même été harcelée. «Le sujet me tient donc forcément à cœur, explique-t-elle. En discutant avec des amis, je me suis aussi rendu compte qu’en dépit d’une meilleure connaissance du problème, il restait encore trop souvent tabou.»

La jeune Boyarde a déjà les idées claires sur ce que «Rien qu’un jeu» sera: un court-métrage de 10-12 minutes, tout en dessins et en animation 2D traditionnelle, «plutôt réaliste et en axant sur la situation émotionnelle des différentes personnes qui composent une situation de harcèlement».

La technique utilisée sera du reste la même que celle qui a permis à Cheapmo de remporter en 2025 la manche suisse du concours international «48 Hour Film Project» (plus une mention au concours international), ou comment réaliser un court-métrage en deux jours, montre en main, sur un thème donné à la dernière minute. Le collectif a par ailleurs été distingué pour d’autres projets dans plusieurs festivals.

Le script de «Rien qu’un jeu» est également écrit. En résumé: lors d’un anniversaire, Dora recroise la personne qui la harcelait durant son enfance, ce qui la replonge dans des souvenirs enfouis et la force à revivre son passé pour enfin affronter le traumatisme qui continue de la hanter.

Prochaine étape: parfaire le financement. Le budget du projet est estimé à 60’000 francs, dont près de la moitié est espérée via un financement participatif. Celui-ci a été lancé ces derniers jours sur la plateforme Wemakeit (accessible via le QR Code ci-dessous).

Plus d’infos: www.cheapmo.ch