
Tant sur la Riviera que dans le Chablais, le tourisme reste «un pilier économique», mais les deux régions disent devoir miser sur la diversité de leurs atouts. | DR
Dans les nonante pages rendues publiques récemment, la société BAK Economics, mandatée par le Canton de Vaud, s’est penchée sur l’évolution de l’économie vaudoise depuis 1990. Ses conclusions parlent d’«un modèle de croissance robuste, fondé sur l’innovation, la diversification et l’ouverture internationale».
Quelques considérations plus spécifiques concernent les régions, dont les districts de la Riviera-Pays-d’Enhaut et du Chablais. Nous en avons soumis quelques-unes à la loupe des deux organes de promotion régionale Promove et Chablais Région.
Priorité au foncier sur la Riviera
Le premier des deux districts pèse pour 7,7% du PIB vaudois et 8,5% de l’emploi, mais affiche «l’une des croissances annuelles les plus faibles du canton». Pour Bernard Schmid, directeur de Promove, ce constat s’explique. «La Riviera ne dispose de pratiquement aucune réserve foncière disponible pour accueillir de nouvelles activités économiques ou même simplement accompagner la croissance des structures existantes.»
Il va plus loin: «La région crée des emplois, mais de manière toujours insuffisante par rapport à la croissance de sa population. C’est le cas depuis des années et, concrètement, cela signifie qu’une part significative des habitants travaille hors de la région, ce qui renforce les nuisances liées aux déplacements pendulaires et la pression sur les transports.»
Le district présente par contre «une économie très variée: industrie alimentaire, pharmacie, santé et action sociale, immobilier, services aux entreprises, et, bien sûr, tourisme, ce pilier majeur de la Riviera». En 2025, la région a d’ailleurs enregistré un niveau record de nuitées hôtelières (796’510 nuitées), en hausse de 7,2% par rapport à 2024.
Pour Bernard Schmid, la priorité doit être de «trouver comment faire en sorte que nos activités se renforcent les unes les autres», afin de «proposer encore davantage un cadre de vie qui renforce l’attractivité touristique et économique de notre région, dans une sorte de cercle vertueux».
La santé gagne du terrain dans le Chablais
Selon l’étude BAK, «l’économie du district d’Aigle repose sur un mélange d’industries lourdes, de tourisme et de transports». Plutôt que d’industries lourdes, Norbert Zufferey, directeur de Chablais Région, préfère parler «d’industries manufacturières de précision, de transformation des métaux, d’ingénierie, et d’agroalimentaire, avec par exemple Reitzel à Aigle».
Le district a toutefois «une composante industrielle notable, admet-il, avec des entreprises emblématiques comme le groupe Bader, qui a récemment acquis Zwahlen et Mayr, ou Apco Technologies (équipements industriels et spatiaux) à Aigle, Prayon à Bex ou Alstom à Villeneuve.
Il peut aussi s’appuyer sur un tourisme «qui constitue un pilier important», sans oublier «le tertiaire et la santé, qui prennent toujours plus d’importance, pour preuve les centaines d’emplois générés par l’ouverture de l’Hôpital Riviera-Chablais à Rennaz en 2019».
Norbert Zufferey tient toutefois à nuancer certains constats. «Le fait que la contribution du district au PIB (3,6%) soit inférieure à son poids démographique (5,8%) n’est pas un signe de faiblesse. Les districts périphériques ont généralement une productivité par habitant plus faible que les pôles urbains.»
Une autre conclusion l’agace: le district d’Aigle serait une région «globalement pas bien desservie» par les transports publics. Norbert Zufferey égraine les exemples qui, selon lui, battent en brèche cette conclusion. Certes, admet-il, «le bât blesse pour les communes de montagne ou de coteau, mais dire que le district est mal desservi est exagéré et un peu à côté de la plaque».
Pour le reste, l’année 2025 a confirmé la résilience du tissu économique du Chablais vaudois, porté par la diversité de ses activités, le tourisme a atteint un niveau record «et le potentiel de développement du Chablais reste considérable». Les défis se concentrent sur l’industrie exportatrice, confrontée aux barrières commerciales et au franc fort, et la pénurie de main-d’œuvre.
